Depuis que t’es devenu papa.

Quand on s’est rencontrés, j’avais déjà un petit poulet qui avait un an. La vie de famille telle que je l’avais imaginée pour lui s’était rapidement envolée lorsque son papa et moi avions décidés de continuer chacun notre chemin. Je savais pourtant que c’était ce qu’il y avait de mieux pour lui, que c’était plus sain que de grandir dans une maison pleine de haine, de cris et de conflits. Alors quand t’es apparu, trop beau pour être vrai, avec tout l’amour que t’avais à donner. Toi, le gars totalement assumé, j’ai eu peur. 

Petit poulet est tombé amoureux de toi, et que dire de moi. Rapidement il a été évident que j’avais gagné beaucoup mieux que la famille nucléaire dont j’avais tant rêvé. Même si petit poulet n’était pas ton garçon de sang, tu as fais le choix de l’aimer comme tel.Inconditionnellement. 

C’était difficile à comprendre, à croire. Mais jamais à ce jour, je n’ai pu douter de la sincérité du lien qui vous unis. C’est beaucoup plus qu’une complicité père-fils, c’est juste autre chose que je ne peux même pas décrire avec des mots. Comme si vous vous connaissiez d’ailleurs, comme si vous vous étiez donné rendez vous dans cette vie. Je savais donc avant que tu sois papa, que tu allais être un père exceptionnel, un chef de famille pas parfait. Mais dévoué.

L’arrivée de bébé loup a été pour nous l’occasion de se solidifier. Avoir un autre enfant c’était consolider le tout que l’on formait à trois. C’était dans l’ordre des choses. J’avais peur. Peur de fragiliser l’équilibre de nos vies. Peur de la Fatigue avec un grand F . Peur de ce qu’elle allait faire ressortir de laid. Peur de perdre ce que l’on créait ensemble, peur que tu m’aimes moins, peur d’échouer une seconde fois à bâtir une famille. 

J’ai choisis de te faire un petit en connaissance de cause. Je connaissais tes petits travers, je savais que le manque de sommeil et les hormones allaient venir créer un cocktail explosif là dedans. Notre famille a traversé une grosse tempête. Bébé loup est venu shaker nos fondations. Encore une fois j’ai eu peur. Mais t’as promis que tu partirais jamais.

C’est le laid dans notre vie qui fait en sorte que je sais que je veux qu’on continue de cultiver le beau. Je savais que c’était pas parce que tu devenais papa qu’ils allaient disparaître tes défauts. C’était pas parce que je manquais cruellement de sommeil que t’allais moins ronfler la nuit. 

Depuis que t’es papa c’est ce que tu prouves à tous les jours. C’est loin d’être parfait chez nous. Depuis que t’es papa, les chicanes sont plus grosses et les réconciliations plus vraies. À chaque fois qu’on argumente, je sais qu’au final, gagner le point n’est pas ce qui est le plus important. Parce que c’est dans la façon qu’on garde le soucis de prendre soin l’un de l’autre dans les conflits, que je sais que t’es l’homme de ma vie. 

Ce que je savais pas c’était que j’allais t’aimer encore plus à chaque fois que j’allais te voir avec notre bébé dans les bras. Chaque fois que notre fils allait me sourire de la même façon que toi. Je savais pas que j’allais retomber en amour avec toi, à chaque petit geste empreint de tendresse que tu fais au quotidien. Comme quand tu met ta main dans mon dos la nuit quand je me lève pour la trente-douzième fois, pour m’encourager. Comme pour me dire que tu sais que c’est pas facile. Que t’es avec moi.

Je savais pas que ça ce pouvait retomber en amour chaque soir, quand tu prend mille et une voix et intonations différentes pour donner vie aux personnages des histoires de petit poulet. Depuis que t’es devenu papa, t’es devenu le plus fort. 

Depuis que t’es devenu papa, j’ai choisis d’entretenir ce que j’aime de toi. Parce que c’est exactement ce que tu fais pour moi chaque jour. Depuis que t’es devenu papa, y’a juste plus aucun doute pour moi, je te promets que moi non plus, Je partirai pas. 

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