Bébé loup.

C’est les larmes aux yeux que je trouve pour la première fois le courage de te parler avec mon cœur. Pendant que tu dors confortablement blottis contre lui. Mon cœur qui t’as porté bien plus longtemps que mon ventre, tellement je t’ai désiré fort. Ces jours-ci tu préfères dormir dans ta balançoire, plutôt que dans mes bras. Tu frottes doucement ta doudou sur le bout de ton nez et tu t’endors paisiblement.

Je dois dire que cela devrait être une petite victoire pour moi, car les trois premiers mois de ta vie, je ne rêvais que de pouvoir te poser quelques minutes afin de me retrouver seule un petit instant. Pourtant, Je n’y trouve rien de satisfaisant. C’est en ce moment que moi j’aurais besoin de sentir ta respiration contre mon ventre.

Depuis les trois derniers mois, la seule place où tu te sentais en sécurité, c’était dans mes bras. J’imagine que je fais bien mon travail de maman, si maintenant tu as assez confiance en toi et en ton environnement pour t’endormir seul.

Mais honnêtement, je dois t’avouer que ça ne me déplaisait pas l’idée d’être ta préférée. D’avoir cette exclusivité. Tu le savais pas encore qu’on était deux personnes séparées. On était la même entité dans ta tête à toi, et franchement, je détestais pas ca.

Si j’ai le courage de t’écrire aujourd’hui mon bébé loup, c’est que je viens de t’entendre rire pour la première fois. J’ai pleuré comme un bébé. De joie. Pendant trois mois, j’ai eu peur de ne jamais l’entendre ce son de bonheur. De ne jamais te voir sourire. J’ai eu peur que tu regrettes de m’avoir choisis comme maman. J’avais peur de tout faire de travers, de ne pas te rendre heureux.

Je te comprenais pas. Et il n’y a rien de pire que ça pour une maman. D’échouer à consoler son bébé rapidement, à le réconforter adéquatement.

Je le savais pas avant de t’avoir qu’un bébé ça peut pleurer autant et dormir si peu.

J’ai soupiré d’impatience plusieurs fois, en pleine nuit lorsqu’à peine déposé avec toutes les précautions du monde tu te remettais à pleurer. J’ai souvent dit : « jsuis pu capable » quand tu me réveillais avec tes grognements et tes petits sons de monsieur pas content. Mais c’était pas vrai. Je trouvais une étincelle d’énergie dans ta petite main qui serrait mon doigt. Dans ton soupir de satisfaction quand tu te lovais dans mes bras. Comme si tu me disais : enfin.

Une maman ça trouve toujours le courage qu’il faut pour ses petits, une maman c’est une source inépuisable d’amour et de force. La paye d’une maman se trouve justement, dans les petites mains qui serrent leurs doigts à 2:30 du matin, dans les soupirs de satisfaction de leurs petits qui enfouissent leur tête dans son cou pis dans les sourires en coin de le bambin endormi.

On a beau dire ce qu’on voudra : t’es pas « Juste » un bébé à bras, un capricieux. Comme les grands-mamans disent. T’es un sensible, un colleux, un champion payeur mon amour.

Et puis, tu t’es mis à dormir . Un petit peu plus chaque nuit, loin de moi . Et ensuite à sourire. Et à vouloir explorer le monde un petit peu plus longtemps à chaque fois, même si ça me rend heureuse de te regarder gigoter sur ton tapis d’exercice, je m’ennuie de nos longues sessions de collage .

De notre brèche de 3 mois dans le temps pendant laquelle tu m’as appris une grande leçon : de me permettre d’être . Juste d’être. De profiter de l’instant présent qui ne reviendra pas.

Mon bébé loup, en bientôt quatre mois, tu as changé ma vie. Je sais que je n’ai pas toutes les réponses et que je vais les découvrir au même rythme que tu grandiras. En faisant des erreurs parfois, souvent. Petit être complexe et mystérieux au regard plus profond que l’océan.

Comme j’ai hâte de t’entendre rire de nouveau. Je me doute bien qu’avec toi, ils ne seront pas gratuits ces rires. J’en dégusterai donc la rareté.



Comme le chemin s’annonce joyeux.