Je veux que mes enfants grandissent.

Je suis le genre de maman qui a continué d’habiller ses bébés avec leurs petits vêtements jusqu’à la toute dernière minute. Jusqu’à ce que les petits chandails ne cachent plus rien des petites bedaines où j’adore donner des milliers de bisous. Jusqu’à ce que les petits pyjamas n’attachent plus du tout. Jusqu’à ce que les petits pantalons serrent la taille dodue de mes petits garçons chéris. 

Juste parce que je vivais dans le déni. Parce que les vêtements format mini c’est ce qu’il y a de plus mignon au monde. Parce que dans ma tête de maman-aux-hormones-dans-le-tapis, tant que mon bébé entrait dans son linge 3 mois, il restait petit. Il restait mon bébé.

Je suis le genre de maman qui a pleuré à chaque nouvelle étape que mon fils franchissait. Quand il a rampé. Quand il a mangé pour la première fois des purées. Quand il a parlé. Quand il a marché. Et l’entrée à la garderie on en parle même pas ah ! Pleuré de fierté. Mais aussi parce que tsais, le temps passe beaucoup trop vite. 

Ben oui. Tu m’as reconnu, c’est moi ton amie-maman Facebook qui a posté sur mon wall la photo de mon fils tout sourire avec ses deux dents, à son anniversaire d’un an. Photo qui avait comme légende : déjà pu de bébé .. (Bonhomme qui braille sa vie). 

petit poulet à son premier anniversaire


Quand bébé Loup est arrivé il y a (déjà) 5 mois, mon fils m’a semblé géant. C’est un si grand garçon. J’ai eu peine à croire que moi, j’ai réussi à faire et à élever un si beau et si awesome enfant. J’étais pleine de fierté et de confiance pour le deuxième.

leur première rencontre

Mais le manège a recommencé. J’ai mis le linge nouveau-né à bébé loup jusqu’au moment où les boutons voulaient me sauter dans face à chaque changement de couche. Je lui ai fait porté son 3 mois jusqu’au matin où je me suis rendu compte qu’il était incapable de plier ses jambes et que c’est pour ça qu’il hurlait depuis une heure. Parce qu’il voulait squatter pour faire le plus gros numéro 2 ever. Chose qu’il a faite à la seconde près où son pyjama press-fit fut détaché. Je me suis tellement sentie conne, que je suis allé ranger tout son linge 0-3 sur le champ. En me disant que j’avais un sérieux problème dans la tête. 

Pis je suis allé magasiner du linge 6 mois pour calmer mon angoisse. Parce que oui, mon bébé de 1 mois 1/2 portait déjà des vêtements 6 mois. Parce que ça me fuckait mentalement. Parce que du 6 mois. Ben on porte ça à 6 mois. Parce que je voulais qu’il reste petit le plus longtemps possible. Je voulais dont ben fort qu’il reste mon bébé .

Je veux dire … Je suis le genre de mère qui panique avec la future rentrée scolaire du poulet. Parce qu’il va changer de ligue. Parce qu’il ne sera plus un enfant d’âge préscolaire. Parce que je serai co-propriétaire d’un enfant qui va ramener des devoirs à la maison. Ça veut dire qu’il ne sera définitivement plus mon bébé. Ni mon tout petit garçon. C’est de le début d’autre chose qui me rend crack-pot. On est au mois d’août 2016. Et je vire déjà sur le top avec Août 2017. Parce que le poulet va débuter la maternelle. Parce que #pudebébé pis #jvasbraillermavie.

Cest comme si à chaque étape qu’un de mes amours franchis. Je dois redéfinir mon rôle auprès de lui, afin de l’aider à atteindre l’autonomie. Afin qu’il développe son plein potentiel, sa confiance en soi. Comme si à la place de lui apporter un monde de nouvelles découvertes, ses nouvelles aptitudes m’enlevaient quelque chose à moi. Pis ça me fait tellement  de peine de les voir se passer de moi si facilement et si vite.

Pis un moment donné, y’a eu ce soir là. Je regardais mon bébé jouer. Pis j’ai dit à mon chum 5 mots qui forment une horrible phrase lorsque mis ensemble : 

Je. Veux. Pas. Qu’il. Grandisse. 

Aussitôt que ces 5 mots-là ont sortis de ma bouche, ils m’ont brûlés les tympans. Je m’en suis voulu immédiatement de les avoir prononcés. Comment pouvais-je souhaiter une chose aussi laide ? Souhaiter que mon si beau et si adorable bébé arrête de grandir.

Ça voudrait dire que ses belles joues roses de santé que j’aime tant embrasser cesseraient de grossir à vue d’œil. Ça voudrait dire que je ne connaîtrais jamais le son de sa voix. Que je n’aurais jamais la chance de l’entendre dire « maman ». Ça voudrait dire qu’il ne connaîtrait jamais le bonheur de jouer avec son grand frère au parc ni de courir le « ménis » à l’air dans la maison après le bain. J’arrête là. Parce que ça me fait dont ben mal à imaginer. Parce que si mon bébé arrêtait de grandir. Cela voudrait dire que je n’en aurais plus de bébé. Que je ne serais plus sa maman.

Bébé-loup-le-dodu

« Je veux qu’il reste petit pour toujours »

« Je veux qu’il cesse de grandir »

« Si seulement je pouvais le garder bébé »

Non. Juste non.
Enlevez ces phrases de votre vocabulaire. Enlevez ces pensées de votre cœur. N’attirez pas ces choses-là chez vous.

Vous VOULEZ que vos enfants grandissent.

Se lever chaque matin pour voir nos enfants plus vieux d’un jour n’est pas donné à toutes les mamans. Il y en a qui donneraient tout, même leur vie pour que leurs enfants aient la chance de grandir encore. Et jamais. Je ne souhaite être cette maman-là. Je ne le souhaite à personne d’ailleurs.

Et c’est en l’honneur de ces mamans-là, que je vais acheter des vêtements plus grands à mon bébé quand ce sera le temps. Parce que s’il grandit c’est qu’il est en santé. C’est qu’il est en vie.

Et c’est avec joie que j’accompagnerai mon fils à sa première journée de maternelle, parce que ce sera une nouvelle aventure que l’on aura la chance de débuter ensemble.

Chaque étape dans la vie de nos enfants est belle et vaut la peine d’être vécue à fond. Chaque étape permet de créer des souvenirs, permet de consolider le lien qui nous unit à nos enfants. À la place de souhaiter qu’ils restent petits pour pouvoir « profiter » d’eux, profitons de chaque minute de chaque journée. Pour ces mamans-là qui ont des bébés qui eux, vont rester tout-petits, pour toujours.