Tant que tu ne reviendras pas.

Je mennuie tellement que ça me fait mal à des places dans mon cœur que je savais pas qu’on pouvait avoir mal. Je le sens qui se déchire lentement. Ça me fait tellement mal à mon âme que c’est la preuve que l’âme existe. Je suis brisée.

J’ai mal éveillée 

Jai mal en dormant.

J’ai mal tout le temps.

Rien à voir avec l’accouchement. C’est un mal transcendant. T’es partis avec la moitié de qui je suis dans ta petite valise.

Ma respiration n’est plus aussi efficace maintenant que l’on ne respire plus le même air. 

J’inspire . J’expire. Pour continuer de vivre. Mais toujours en retenant un peu mon souffle. Toujours en étouffant un peu. J’ai la gorge qui me serre. Elle laisse passer juste ce qu’il faut d’air. Je suis en mode survie.

Jusqu’au moment où je t’entendrai enfin rire. Jusqu’à ce que je sentirai enfin ton odeur de petit garçon. C’est animal. Je veux sentir l’odeur de mon enfant.

Et si tu ne revenais pas ?

Les terroristes en Europe tsais.

Les avions tsais.

Non. Je peux pas aller là. Pas éveillée. 

Ça ce peut pas. Tu dois revenir.

Je ne pourrais pas continuer de vivre sans toi. 

Parce que mon amour.

Toutes les cellules de mon corps me font mal. Elles transpirent la peur. Elles transpirent l’angoisse. Elles transpirent tellement de choses pas belles que c’est sûrement pour ça que je n’arrive pas à pleurer. Je me suis déshydratée. Je pleure de l’intérieur. J’implose. En silence. Ça fait ben plus mal. Je t’aime de tout ce que je suis.

Ou alors, c’est mon instinct de survie qui empêche mes larmes de couler. 

Parce que si je pleure. Je me noierai.
Si j’explose je me consumerai jusqu’au bout.
Si je crie. Je crierai jusqu’à en perdre la voix. Et je dois la garder pour te dire que je t’aime. Pour te dire que tu reviens bientôt. Pour te dire que t’es chanceux d’être là-bas. Que moi aussi je m’ennuie de toi.

Ce que j’aurais envie de te dire en vrai c’est que mon cœur manque des battements. Les battements qui battent normalement dans la partie avec laquelle tu es parti. Quand je pense à toi. J’ai une barre dans le ventre. Ca me pince jusqu’au plus profond de mes entrailles. Là où était ta première maison. Ton premier refuge. La seule place où j’ai pu te garder en sécurité. J’ai mal à cette place là. À une place secrète. Juste pour toi et moi.

Quand t’es arrivé dans ma vie, je me suis battue pour rester une femme. Pour ne pas être « que ta maman ». Bullshit. Ton absence me le remet dans les dents. Je suis et serai pour toujours. Avant tout. Ta maman. Et tant que tu ne seras pas revenu, de ce voyage, les autres parties de moi ne cesseront pas de me paralyser de douleur. Parce que je resterai incomplète jusqu’au moment où je te serrerai contre mon cœur. Jusqu’au moment où je saurai que tu es en sécurité. Que tu respireras le même air que moi.