À toi, la future éducatrice de mon bébé.

Je sais que tous les parents doivent te dire que leur enfant est spécial. Ils te confient leur poupon en ayant espoir que tu en prendra soin comme si c’était le tien. Parce que même si t’as l’air bien douce et gentille, je ne te connais pas. Mais je te fais confiance avec ce que j’ai de plus précieux au monde : mon bébé. Mon petit bébé tellement espéré. Mon merveilleux garçon que j’ai eu tellement de difficulté à fabriquer et à porter.

Tous les parents doivent se dire que tu vas tomber en amour avec leur adorable bébé.

Je le sais, que tu vas le trouver attachant mon coco. Il sourit la majorité du temps. Il est affectueux et il adore les autres enfants. Je le connais mon petit chaton et il y des journées où tu vas vouloir l’échanger contre un bébé un peu moins bruyant.

Parce que la vérité éducatrice, c’est que j’ai pas un bébé facile. Il pleure beaucoup mon bébé Loup. Il est craintif. Parfois la seule chose qui le console c’est lorsque je le serre très fort contre moi. Et que je le berce en lui chuchotant des mots d’amour. 

Des fois je te cacherai pas que ça m’épuise. Mais je l’ai souhaité tellement fort mon bébé, que je me fout qu’il soit criard. Ça me fait mal tellement que je l’aime. Je me raccroche à ses cris tout plein de vie pendant que je fais des sssssshhhhhh pour la quarantième fois de la journée.

Quand il se fait mal, même si tu vas te dire que c’est pas grand chose, tu vas remarquer que pour lui c’est la fin du monde. Je le sais que la majorité des enfants ne pleurent pas lorsqu’ils se cognent en jouant, mais le mien oui. Il pleure et même beaucoup. Il pleure tellement que des fois il en oublie de respirer. Il a besoin d’être réconforté, plus que les autres enfants que l’on connaît. Ça l’air que ça s’appelle un Babi. Un bébé à besoins intenses. Il fait pas juste pleurer beaucoup. Il pleure fort et longtemps.

Moi j’ai choisis de ne pas le laisser pleurer. J’ai choisis de le réconforter le nombre de fois qu’il le faudra, parce que je crois que c’est comme ça que l’on pourra créer un lien d’attachement sécurisant. Je veux qu’il sache que maman est toujours là pour lui, qu’il développe une confiance en moi, et surtout en lui.

Mais je m’apprête à retourner au travail, et je sais que tu n’auras pas toujours le temps de le consoler aussi longtemps que je le ferais. Je le sais qu’il sera le petit tannant de ta gang. Le petit capricieux. Je sais que tu lâcheras parfois un soupir de soulagement quand je passerai ta porte d’entrée avec mon petit paquet d’amour pleurnichard. Je sais qu’il va t’emmener à la limite de la patience que tu crois avoir en grande quantité. 

Et ça m’inquiète. Parce que si moi… Sa maman qui donnerait sa vie pour lui, je me retrouve parfois à bout de ressource, je me demande ce que tu feras toi, lorsqu’il pleurera dès que tu le déposeras. Lorsqu’il ne voudra pas faire de sieste et qu’il va réveiller les autres. 

Le laisseras tu pleurer ? Est ce qu’il s’endormira en sanglotant? Épuisé ? Parce que peut être que toi, c’est comme ça que tu « casses » les bébés comme le mien . Parce « qu’il doit apprendre ». Parce que t’en auras 5 autres à t’occuper. Et qu’à l’impossible nul n’est tenu, me diras tu. Je sais, ça fait 9 mois qu’on me conseille de lui « briser son caractère ».

Je suis inquiète. Ça m’empêche de dormir. Ça me donne même la nausée, juste l’idée de te le confier.

Est ce qu’il pensera que je l’ai abandonné?

Si il tente de m’appeler, et que tu laisses pleurer, parce que tu prépares le dîner.

J’ai besoin que tu me dises que tu comprends à quel point mon bébé est précieux. À quel point il est spécial. J’ai besoin que tu me dises qu’à toi aussi ses bisous baveux et ses merveilleux sourires te feront oublier ses mille et une crises. J’ai besoin que tu me dises que tu vas le bercer, le cajoler et le réconforter. 

Et ce que j’ai besoin que tu me dises, par dessous tout, c’est que tu vas l’aimer. Et surtout, que si ce n’est pas le cas, s’il est juste too much pour toi, tu vas me l’avouer.