Ma belle, quand tu rencontreras ce gars-là…

Il y a quelques petites choses que j’ai envie de te dire, de femme à femme. Parce que je t’ai regardé grandir et je t’aime comme si tu étais ma fille. Parce que j’ai fais des erreurs que je regrette et que ça me ferait de la peine de te voir les répéter.

C’est pas parce que les gars vont se précipiter pour te séduire, parce que crois-moi, ils vont le faire, que tu peux en profiter pour blesser ce garçon-là.

Le gars que tu trouveras pas plus intéressant que ça. Mais qui va te complimenter, te gâter. Le gars qui va être fou amoureux de toi, mais à qui il va manquer un petit quelque chose que tu ne pourras pas nommer. Il va être attentionné, doux, parfait.

Mais il sera pas pour toi. Tu vas le savoir depuis le début que ce n’est pas le tien.

Si tu te vois pas le présenter à tes amies et à ton père dans un avenir rapproché …

Fais-moi l’honneur d’être assez intelligente et sensible pour lui dire que vous deux, c’est juste pas possible.

Garde-le pas « en attendant », ou « pour voir où ça va vous mener ». La petite étincelle qui lui manque, elle ne vas pas lui pousser pendant la nuit.

T’as pas besoin d’être en couple. Tu brilles assez toute seule. T’as pas besoin qu’un homme paye au restaurant pour toi. Tu es belle, et pas juste dans ses yeux à lui. Tu es forte, intelligente et unique.

Tu as toute la vie devant toi pour trouver l’amour, le vrai. Des fois il prend un peu de temps, c’est vrai, mais c’est toujours pour t’emmener à la place où tu dois être.

Je le sais que ça fait du bien, d’avoir des épaules fortes sur qui se reposer le soir. Que ça flatte ton égo tous ses compliments et ses belles attentions. Mais si ce n’est pas naturel dès le départ, ne force pas les choses. Ça s’invente pas de l’attirance, ça ce construit pas des papillons dans le ventre.

Parce que même si tes intentions ne seront pas nécessairement de le blesser, tu vas finir par le faire. Tu vas te dire que des sentiments vont finir par se développer. Que c’est un beau et bon gars, que tu peux pas laisser cette chance-là passer.

Alors tu vas laisser les choses aller… Bien sûr l’amitié va apparaître. Le respect, l’affection. Vous allez avoir une petite relation douce et calme. Pas de grosses chicanes. Pas de gros « bas », mais pas de gros « hauts » non plus. Il va te traiter comme une princesse, il va tout te donner. Tes amies vont te trouver chanceuse. Tu vas presque réussir à te convaincre que c’est ça l’amour. Mais à l’intérieur, t’arrêteras pas de l’entendre, la petite voix qui va te dire que c’est pas avec lui que tu vas te marier.

Et un beau jour, tu vas Le croiser. Celui qui va ébranler le château de cartes que tu vas avoir bâti.

Celui pour qui tes jambes vont devenir molles. Celui avec qui tu vas avoir des bas, très bas parfois, mais des hauts comme t’auras jamais connu. Celui avec qui tu vas grandir, avec qui tu vas devenir la meilleure version de toi-même. Celui que tu vas avoir peur de perdre et que tu vas aimer comme tu croyais pas que c’était possible d’aimer.

Et c’est là, que tu vas lui briser le coeur. Parce qu’il aura rien vu venir. Y’aura pas eu de chicane, pas de cris. Y’avait juste pas de véritable amour, tu vas être déjà partie.

Je sais tout ça ma belle, parce que je l’ai rencontré ce garçon-là, j’ai essayé très fort de l’aimer et au final, je lui ai fait du mal. Je l’ai peut-être empêché de trouver la femme de sa vie pendant que je le gardais égoïstement pour moi, en attendant. Je lui ai volé quelques années de sa vie, simplement parce que je le pouvais. Parce que j’avais l’impression que ça réparait un peu la fille brisée que j’étais qu’il me dise tous les jours que j’étais belle.

Parce que je m’aimais pas assez pour être toute seule. Parce que j’avais l’impression de n’exister que dans les yeux d’un homme.

Mais je me trompais. Et aujourd’hui je sais que c’était malhonnête. Que c’était pas correct.

Et j’aurais dont aimé ça avoir une grande sœur qui me parle de ce gars-là avant que je rencontre. Qui me dise que je valais assez pour attendre le bon, qu’il allait arriver.

J’espère que je parle pour rien. Que tu es mieux construite que je l’étais à ton âge. J’espère que tu sais tout ce que je ne savais pas, que l’amour ça ce commande pas. Qu’une femme n’a pas besoin d’un homme pour marcher droit.