Je m’étais promis que je n’écrirais rien sur ton inscription à la maternelle.

Depuis quelques semaines, je vois passer des dizaines de billets à propos de la fameuse inscription à la maternelle.

Je n’en ai pas ouvert un seul. Pas lu un seul. Je ne sais pas pourquoi.

En faits, ben oui, je le sais très bien pourquoi même.

J’avais peur de lire des longs messages touchants à props de ô combien c’est triste de voir ta petite enfance prendre fin. De ô combien ça me fait mal de te voir grandir si vite et de me dire que bientôt, tu ne traceras plus des chemins invisibles avec tes petites mains sur mon dos le matin. J’avais peur d’ouvrir la porte à un immense mélange d’émotions que je sens remonter, mais dont je ne suis pas tout-a-fait prête à faire face encore.

Parce que c’est un bilan des cinq premières années de ta vie qui s’impose avec ton inscription à la grande école.
Un bilan que je redoute. Même si personne ne me demandera de compte. Même si tout ce qui s’est passé dans ces cinq dernières années ça ne regarde que toi et moi.

Tu vois mon cœur, j’ai toujours accueilli chaque nouvelle étape de ton développement avec enthousiasme : tu étais en vie et en santé. C’est tout ce que j’avais besoin de savoir pour être heureuse. Quelle maman ne voudrait pas voir son enfant se développer aussi bien que tu l’as fait. Tes premiers sourires et éclats de rire, tes premiers mots, tes premiers pas. Tes premiers bobos. Ton entrée à la garderie. Tes premiers amis. Ce n’était que du bonheur.

Si je pouvais recommencer, c’est certain mon amour que je changerais deux ou trois choses. D’abord, je prendrais plus mon temps certains matins et certains soirs. Je m’arrêterais un peu juste pour te voir découvrir le monde pour la première fois un peu plus. Je callerais malade le vendredi pour t’emmener pique niquer au parc. Je regrette de ne pas avoir fait de marques sur le même mur chaque année pour avoir un souvenir tangible de combien vite tu as grandis. Je regrette de ne pas avoir fait de siestes collée avec toi plus souvent l’après-midi, câline que si j’avais su… le ménage aurait attndu .

Mais malgré tout ça, mon grand garçon de bientôt 5 ans, ta maman, elle a fait son possible. Son possible de maman qui a eu deux emplois pendant un temps, pour être certaine que tu ne manquais de rien. Les choix que j’ai pris étaient tous en fonction de toi, et de ton avenir. Ton avenir qui débute un peu, avec l’inscription que j’ai été faire cette semaine.

Notre histoire n’est pas parfaite mon poulet, mais elle est la nôtre. Et je crois que malgré mes faux pas, tu débutes ta vie de grand avec toute la confiance en toi et l’amour nécessaire pour affronter le monde de l’école. Tu sais que maman t’aimes jusqu’aux étoiles filantes aller-retour ?

C’est une belle aventure qui t’attend. Une aventure que tu as si hâte de débuter, que je ne peux pas me permettre d’être triste. Je ne peux qu’être heureuse pour toi. Je ne serai jamais bien loin tu sais mon amour…Pour le premier examen que tu échoueras, pour tes premières peines d’amitié et ta première peine d’amour. Pour les conflits et les bagarres de petits garçons. Pour les mots étiquettes et les autres leçons. Je sais que tu es prêt. Et c’est un peu grâce à moi.

Je n’ai pas lu les billets que j’ai vu passer à propos de l’inscription à la maternelle. Parce que j’avais peur de lire que puisque ta petite enfance est terminée, le plus important est derrière nous. Mais tu sais quoi mon poulet, je ne serai pas moins ta maman même si tu deviens de plus en plus grand. J’ai peut-être de la difficulté à te prendre dans mes bras mon amour, mais tu es mon bébé au même titre que le tout premier jour.

Ce n’est pas une histoire qui se termine, c’est le début d’un nouveau chapitre, d’une nouvelle aventure. C’est de l’inconnu autant pour moi que pour toi, mais je suis certaine que tout va bien aller.

Ça servirait à rien de pleurer et de vouloir recommencer les 5 dernières années, parce que je ne changerais pas un seul cheveu de l’awesome petit garçon que tu es mon amour.

*crédit photo de couverture Robbie Photographie