S’il-te-plaît boss, sois indulgent avec moi…

Je reviens cette semaine d’un congé de maternité qui semble avoir filé le temps de cligner des yeux.

J’ai eu envie de rester à la maison avec mon bébé pour toute la vie… Pour le cajoler, le bercer, le faire éclater de rire, mais surtout, pour Prendre le temps de le voir grandir. Mais tu sais, mon travail… Je l’aime.

Je l’ai choisis, j’ai étudié pour pouvoir l’occuper. J’en ai rêvé longtemps.

Il me permet de me dépasser. De rencontrer des gens interessants, d’échanger. Il me permet de faire une petite différence dans la vie des gens, de redonner un peu à ma société. J’ai l’impression de faire le bien autour de moi quand je punch in le matin.

Malgré tout, ce fut un choix difficile de revenir.

Car même au delà de l’argent et au delà de l’amour infini que j’ai pour mes enfants… Si j’écoute bien cette petite voix au fond de moi… j’ai besoin de retrouver cette partie de ma vie qui me permet de m’actualiser autrement que dans ma maternité. J’ai besoin d’être une femme, d’être une professionnelle. J’ai besoin de réussir aussi ma carrière.

Oh tu sais, je reviens avec toutes les meilleures intentions du monde.

Mais je suis inquiète. J’ai peur de ne pas être aussi performante qu’avant. J’ai peur de tout avoir oublié.

Je vais être honnête avec toi, mon rôle de maman reste ma priorité et c’est un peu déchirant tu comprends.

J’ai besoin d’un petit moment pour m’adapter. Même si je sais très bien que ma tête et mon coeur ne seront plus jamais à la même place à 100%. Il y a une énorme partie de moi qui reste avec eux en permanence.

Je veux donner le meilleur de moi-même bien entendu, mais il a un peu changé ce meilleur-là vois-tu.

C’est que mon bébé ne fait pas encore ses nuits. J’ai beau lui dire que maman recommence le boulot, lui, il a encore besoin d’être bercé et réconforté quand il fait noir. Ça ce peut que j’arrive un peu fripée certains matins. Mais je te promet, d’arriver avec toute ma bonne volonté.

Je me questionne énormément en tout temps. Je me demande si je prend les bonnes décisions, pour eux et pour moi.

Mon bébé me manque.

Jai toujours peur de manquer ses premières fois, ses premiers pas. Ça ce peut que j’aie les yeux un peu dans l’eau parfois.

Je le sais bien que t’aimeras peut-être pas ça.

Je m’excuse d’avance si je suis moins enthousiaste à échanger des quarts de travail. Ce qui bouscule la routine me rend un peu insécure.

Je m’excuse d’avance si je suis un peu dans la lune les soirées au travail, c’est que ma tête est parfois à la maison, avec les garçons qui jouent dans leur bain de bulles, et que je pense à la nouvelle histoire de chevaliers et de dragons qu’ils liront avant de faire dodo, je leur ai achetée hier pour me faire pardonner le fait qu’ils iront au lit sans un bisou et sans un calin de maman.

Mais s’ilt-te-plaît boss, sois indulgent avec moi.

Laisse-moi un petit moment pour m’ajuster.

Pour trouver l’équilibre.

J’ai un deuil à faire : de la maman à la maison que j’aurais bien aimé être, mais dont Je n’ai pas l’étoffe.

Je ne serai plus jamais l’employée que j’étais avant d’avoir des enfants. Mais je crois sincèrement que je serai encore meilleure. Si tu me laisses le temps.
Plus humaine encore. Plus empathique.
Parce que donner la vie ça te change une femme. Et pour le mieux.

Author: l’Emmèredeuse

L’emMÈREdeuse, c’est moi : Catherine.
Maman de deux (petits monstres) adorables garçons : Thomas aka Petit Poulet et Henri aka Bébé Loup.
Je suis copropriétaire d’une famille recomposée remplie d’amour et de folie.
Ma plume prend parfois des chemins humoristiques, parfois des plus sérieux, mais toujours ceux de l’authenticité et de l’humilité.
Maman Louve à mes heures. Je partage avec vous les petits et grands moments de mon quotidien de maman.
De maman ben ordinaire.
Qui travaille à temps plein … Pis qui fait son gros possible.