Maman, je veux te dire merci.

  1. Le jour où j’ai donné la vie Pour la première fois, j’ai compris à quel point tu m’avais aimé.

Je n’avais jamais réalisé la quantité de sacrifices que tu avais fait, pour me permettre de m’épanouir pleinement et de grandir sans manquer de rien, avant de les faire moi-même pour mes enfants .

J’ai compris que tu m’avais maintes fois fait passer avant toi. J’ai réalisé dernièrement en regardant nos albums de famille que tu avais porté le même manteau rouge pendant 6 longs hivers. Pour que nous, qui grandissions si vite  soyons au chaud dans un bin manteau.

Aussi sûrement pour pouvoir me payer les cours de ballet (hors de prix je le sais maintenant) pour lesquels je vivais. Le traitement de canal et les cours de maths privé dont j’avais besoin.

Je veux te dire merci pour les nombreuses fois où tu m’as fait des lifts par-ci et par-là. Je vais y repenser à chaque fois où ce sera mon tour de soupirer dans mon maman-taxi.

Je veux te dire merci de m’avoir appris à me servir d’une perceuse, d’un tournevis et d’un marteau. À faire une sauce à spaghetti, mais aussi, à changer un pneu.

De m’avoir enseigné que j’étais capable de tout faire, toute seule. Sans avoir besoin d’un homme à tout prix.

Merci de m’avoir poussé à me dépasser à l’école, ça m’a bien servi.

Merci d’avoir toujours pris soin de mon apparence. Même si je rigole sur la façon dont tu m’habillais et me coiffait au début des années 90, tu prenais soin de moi en m’habillant de petits kits fleuris et à formes géométriques. Avec le petit chapeau qui fittait avec bien entendu.

Merci de m’avoir traîné partout avec toi. Au show extérieur des BB où je me souviens m’être endormie sur toi. Pendant que tu magasinais ta Sonata 94 et aussi à tous tes rendez-vous. Tu avais des stylos multicolores à pointe fine dans ton sac à main, et je pouvais dessiner avec pendant que je t’attendais. Je ne sais pas pourquoi je me souviens de ces choses-là, surement parce que j’aimais être avec toi. Parce que tu aimais être avec moi. Je tente de reproduire ça aujourd’hui avec les gars.

Merci d’avoir toujours accepté mes amis autour de ta table. Et mes amoureux aussi.

Merci de m’avoir fait confiance dans mes fréquentations et de m’avoir laissé sorti. Je réalise à quel point c’est difficile de laisser ses enfants voler de leur propres ailes.

Merci de m’avoir encadrée. Parfois trop. Parfois mal. Mais j’étais ton aînée. Et maintenant que je suis Maman, je comprends que l’on apprend de nos erreurs. Que d’éduquer un enfant c’est comme danser la salsa : 1 Pas derrière 2 Pas devant. On fait notre possible, pis c’est ben correct.

Je t’ai confrontée, engueulée, j’ai testé tes limites. Mais tu as toujours écouté ce que j’avais à dire. Merci.

Tu sais maman, ce serait de mentir que de dire que tu as été une mère plus-que-parfaite. Tout le monde a ses petits coins d’ombre et ses travers. Mais avoue-le dont que c’était un peu intense tes techniques imposées pour accrocher du linge sur la corde. Et que t’as un vrai de vrai trouble obsessif compulsif avec l’entreposage de tes tupperwares.

Mais  honnêtement, ça me permet justement de mieux tolérer les miennes : mes petites manies et mes zones de gris. Parce que malgré tout, Si tu savais combien je t’aime. Je ne t’échangeraus pas maman. Je suis choyée d’être ta fille.