La journée des droits des femmes n’est pas une St-Valentin prise 2 ou une fête des mères en avance.

Aujourd’hui c’est la journée internationale  »des femmes ».

Une journée pour célébrer celles qui sont passées avant nous et qui se sont battues pour que l’on soit reconnues à notre juste valeur, et non plus comme la propriété des hommes. Pour qu’on soit reconnues comme un humain à part entière, et non comme un meuble. Pour que l’on reconnaisse nos droits enfin, de voter, de s’éduquer, de disposer comme il nous plaît de notre utérus. Entre autre, mais aussi pour tellement plus de choses.

Mais cette bataille est loin d’être terminée.

Et même si ce matin en me réveillant, j’ai trouvé le message Facebook  que mon père a envoyé à sa femme, à mes deux sœurs et à moi le plus mignon du monde :  »Bonne journée de la femme aux quatre femmes de ma vie ». Ça m’a fait réfléchir. Ça m’a fait plaisir, mais plaisir-mal. Mon père est tellement sweet.

J’ai la chance d’avoir été élevée par des parents ouverts. Qui m’ont poussés à me dépasser, qui m’ont laissé grandir en me faisant croire que tout était possible, que je pouvais défoncer toutes les barrières qui se dresseraient dans mon chemin. Que j’étais forte et intelligente. Mes parents nous ont élevées dans une maison ou la question du genre ne se posait pas vraiment… on jouait avec ce qui nous plaisait, on portait ce qu’on avait envie de porter. Pour ma part, j’ai toujours aimé les paillettes et les brillants. Je porterais des robes 352 jour par année, mais ma petite sœur est une joueuse d’hockey et elle a horreur du rose et des froufrous. Chacune à notre façon, on s’est toujours senties égales aux garçons.

Jusqu’à tout récemment.

J’ai frappé un mur quand j’ai réalisé à quel point j’avais de la difficulté dans ma vie d’adulte à me sentir égale aux hommes, même au mien. À quel point je vivais de la colère refoulée et de l’injustice et que ça me faisait chier au plus haut point des fois d’être la propriétaire d’un vagin. On a vécu une grosse tempête dans notre couple… Mon chum ayant été élevé  »en gars » excusez l’expression… Et moi ayant été élevée en me faisant répéter que je n’avais pas à prendre soin d’aucun homme, qu’on devait prendre soin l’un de l’autre. J’étais toujours frustrée et j’avais de la difficulté à exprimer pourquoi.

J’ai grandi en ayant comme modèle des couples de parents égalitaires. Complémentaires. Un papa et un beau-papa qui font le ménage et le lavage, et une maman et une belle-maman qui tondent le gazon et posent des cadres. j’ai toujours pris pour acquis que le jour ou j’aurais une famille, les choses allaient être identiques. Mais cela ne va pas nécessairement de soi pour tout le monde.

On est en adaptation à la maison et ça va de mieux en mieux le partage des tâches.

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, on ne célèbre pas la journée des Femmes. Il ne s’agit pas d’une reprise de la St-Valentin ou d’une pratique de la fête des mères. Ce n’est pas une journée pour dire à votre blonde, votre mère et votre sœur à quel point elles sont ben belles, ben fines et qu’elles font bien à manger.

 »Merci pour ce que vous faites, on reconnaît que vous en avez beaucoup sur les épaules, on va vous aider aujourd’hui. Faire le souper et même la vaisselle. Acheter des fleurs, offrir un massage en cadeau ou du chocolat…Je te gâte ma chanceuse ».

C’est bien gentil tout ça les gars. Mais merci non-merci. Parce que le problème c’est dans le AUJOURD’HUI. Tsé, y’ a demain. Et il y avait hier.

C’est parce que mon gars, il y a encore des femmes qui se font lapider dans certaines pays du monde pas si lointains pour des adultères qu’elles n’ont pas commis. Il y a ces autres femmes qui se font marier à des hommes qu’elles n’ont jamais rencontrés et il y a ces québécoises qui sont violer et abuser alors que leurs dossiers sont fermés pour cause de manque de preuve. Il y a ces femmes, peut-être la vôtre d’ailleurs, qui n’ont pas accès à des postes supérieurs, ou au même salaire qu’un homme qui aurait les mêmes responsabilités qu’elle. Et ça messieurs, ça ne s’efface pas avec un bouquet de rose.

Y’a une autre affaire qui me répugne. Tant qu’à être dedans m’a vous le dire: il y a ces bébés filles (peut-être la vôtre) qui se promènent avec des caches-couches écrit  »sexy » ou bedon  »magasineuse compulsive en formation » ou encore mieux  »chialeuse comme ma mère ». Ces même petites filles qui se feront traiter de putes à l’école et que vous réprimanderez à l’adolescence quand elles exprimeront leur sexualité dans leur façon de s’habiller. Ces mêmes petites filles que vous élèverez en leur répétant qu’elles sont fortes et intelligentes, mais que vous dénigrez dans vos  »jokes » tellement réductrices.

 »Calme-toé la grande c’est juste des blagues. » C’est pas drôle dude.

Faites-moi plaisir les boys, remballez vos cadeaux. Le 8 mars c’est pas une journée pour vous soulager la conscience de la pression mise sur les épaules de votre blonde dans la dernière année, ni pour dire aux femmes que vous seriez dont perdus sans elle. C’est plutôt une journée pour prendre conscience de comment vous traitez les  femmes de votre vies. De ce que vous pouvez faire pour adoucir leur condition dans le monde et pour souligner le chemin parcouru et celui qui reste à faire. Pour célébrer les femmes qui ont fait changer les choses.

Le plus beau des présents, serait de nous offrir de l’aide au quotidien. D’arrêter de nous demander si on est spm à chaque fois qu’on s’insurge. D’éliminer les mots : putes, connes, salopes, folles, hystériques et hormonales de votre vocabulaire. Et j’arrête ici, parce que je m’emporte.

Messieurs, faites quelque chose qui compte. Pour vrai, aujourd’hui. Pour les femmes qui vous ont portés, pour celles qui porteront vos enfants et pour celles que vous mettrez au monde.

 

Author: l’Emmèredeuse

L’emMÈREdeuse, c’est moi : Catherine.
Maman de deux (petits monstres) adorables garçons : Thomas aka Petit Poulet et Henri aka Bébé Loup.
Je suis copropriétaire d’une famille recomposée remplie d’amour et de folie.
Ma plume prend parfois des chemins humoristiques, parfois des plus sérieux, mais toujours ceux de l’authenticité et de l’humilité.
Maman Louve à mes heures. Je partage avec vous les petits et grands moments de mon quotidien de maman.
De maman ben ordinaire.
Qui travaille à temps plein … Pis qui fait son gros possible.