Le cycle de la vie.

Crédit photo : Robbie Photographie

Quand on a un an, on apprend. On apprend à dire  »papa », à dire  »maman ». On fait des sourires, on apprend les câlins, le réconfort. On apprend à marcher et à parler.

À trois ans, on apprend à s’habiller tout seul comme un grand. On  apprend à ranger les jouets dans le bain, et ceux dans la salle de jeu. On se confronte à l’autre à la garderie, on négocie, on partage et on dit merci.

Quand l’école commence, on apprend les niaiseries. On découvre qu’on est différent, on se fait trahir, on ment, on pleure pis on se console sans maman. Le matin on fait son lit pis on est content. On mange bien, au bon moment, on range ses vêtements et on brosse bien ses dents.

C’est beau de les voir aller quand ils sont heureux d’apprendre à plier un chandail pour le ranger. Quand ils comprennent que c’est tellement plus facile de se retrouver quand tout est bien placé. Un p’tit chandail dans le tiroir du haut, un pantalon dans celui d’en bas. La chaussette rouge avec la rouge et la bleue avec la bleue.

C’est donc beau l’époque de  »maman-je-veux-t’aider-je-suis-capable-je-suis-grand-maintenant ».

Pis vers dix ans, on oublie soudainement, On laisse traîner les manettes, on rince pas son assiette. On est moins polis, on parle mal pis l’aspirateur est moins invitant. C’est l’époque où on oublie tout ce qu’on aimait dans le temps. C’est l’ère de la régression. On découvre finalement que c’est possible de retrouver le vêtement manquant même en dessous du lit, on comprend que le désordre c’est pas si pire, y’a moyen de le retrouver tant qu’on se souvient où on l’a laissé. On comprend aussi qu’on peut faire ses devoirs à la dernière minute pis que si on finit le restant de gâteau de la veille en revenant de l’école, ça coupe pas l’appétit pis que c’est tellement meilleur que du brocoli.

À quinze ans c’est foutu. Je vous confirme que les beaux moments à passer la balayeuse ensemble, et ranger sa chambre avec maman était synonyme de bonheur… c’est fini. C’est maintenant l’époque de la confirmation que tout ce qui se perd se retrouve. Que si le chandail noir est pas là, on peut mettre le blanc. C’est la découverte ultime que le nombre de vêtements qu’on peut mettre dans un tiroir est beaucoup plus grand que ce que disait maman pis que c’est beaucoup plus pratique quand il ferme pu parce qu’on peut voir sans l’ouvrir ce qui se trouve dedans. Pis c’est drette à ce moment-là que survient la révélation que ça sert à rien de faire son lit parce qu’on va se recoucher dedans, que ça donne rien de plier ses bobettes parce qu’on va les déplier pour les enfiler. Pis à quoi bon ranger ses trucs si on se souvient parfaitement dans quelle pièce de la maison on les a laissés traîner avant…

À quinze ans, on a finalement cette certitude que quand on était petits, on s’est laissé manipuler pis que finalement y’a rien de drôle à passer l’aspirateur ou à laver le plancher.

Malheureusement cette époque va durer longtemps et je vous assure aujourd’hui, que certaines pratiques vont rester ancrées pour la vie. Honnêtement, en plein cœur de la quarantaine, je ne fais toujours pas mon lit.

 

Miss Rebelle

Author: Miss Rebelle

Mère de 2 ados, un chum, une maison, un chien, une job a temps plein, je balance entre l’envie d’un 2 et demi , et mon rêve américain, tout en me demandant dans lequel des deux, j’dormirais le mieux!
Blogueuse depuis quelques années, auteure de deux romans, je prend plaisir a faire de mon quotidien banal, des tranches de vie dans lesquelles vous saurez vous reconnaître! Bienvenue dans mon délire.