Ce matin, j’avais hâte que tu partes chez papa.

C’est pas beau à dire, je sais.

Je me déteste.

On a eu une semaine difficile mon poulet.

T’as pleuré beaucoup, pis moi aussi. Tu essaies de tout contrôler du haut de tes presque 5 ans. Tu t’opposes à tout ce que je dis. Tu veux pu prendre ton bain, ni brosser tes dents. Je te laisse jamais écouter la télé assez longtemps. Ton histoire du soir ne suffit plus, il t’en faudrait 3. Tu te lèves à des heures pas possible et tu réveilles tout le monde dans la maison. Tu n’aimes plus mes repas. Tu veux toujours mettre le même chandail, même s’il est sale. Tu refuses de ranger tes jouets. Tu veux pu mettre ta tuque. Tu en as trente-douze-mille pourtant. Mais sont toutes laides, pis tu les caches à des endroits pas possibles. Des fois tu me tape. Tu rigoles quand je te chicane. Tu dis non en te croisant les bras.

T’as presque 5 ans et j’ai l’impression de vivre avec un adolescent.

Y’en a qui disent que c’est le fucking four, pis que ça va passer… Mais c’est trop facile de dire ça. Ce serait de m’enlever toute responsabilité dans la patente et c’est très peu pour moi ça. T’essaies de me dire quelque chose. Que je comprend pas.

Mais ce soir, je suis dans mon lit. Et je pense à toi. Je t’ai donné au moins 5 bisous en te laissant à la garderie… Mais je m’ennuie de toi déjà. Je me demande si tu le sais dans ton cœur de petit garçon combien gros maman t’aime. Même quand elle te chicane. Même quand elle te demande d’aller te calmer dans ta chambre.

J’aurais voulu te border ce soir. Et te raconter combien j’ai souhaité longtemps être ta maman. Combien je t’ai attendu.

J’aurais voulu te demander ce qui ce passe dans ta vie de petit chat. Si quelque chose te fait peur ou de la peine et si tu es fâché contre moi.

J’aurais voulu comprendre. T’écouter.

Que tu me raconte des histoires de loups. Que tu me parle de tes amis.

Je suis réactive dernièrement et j’ai bien l’impression qu’encore une fois tu n’es que mon miroir.

Maman est fatiguée mon poulet. Mais jamais, elle ne va arrêter de t’aimer.

Je suis allé faire un tour dans ta chambre, sniffer ton toutou préféré qui sent la bave séchée. Je vais dormir avec ton oreiller. Et pleurer un petit peu.

J’ai déjà hâte que tu reviennes.