Ma shape de future (genre futur très rapproché) mariée.

J’ai depuis quelque temps débuté ce billet à propos du magasinage de ma robe de mariée et de l’expérience en soi que ce moment représente dans la vie d’une femme. Il me manquait un petit quelque chose, je vivais comme un certaine malaise à l’écrire, j’avais l’impression qu’il n’était pas transparent, qu’il manquait de sincérité et j’ai mis le doigt sur la raison de ce blocage hier.

En fin de semaine quelqu’un s’est permis de faire un commentaire sur mon poids. Quelqu’un que je n’avais pas vu depuis plusieurs années. Parce que non, je n’ai pas toujours été de la race des gros. Je vais dire ça comme ça : crûment, parce que j’ai l’impression que c’est de cette façon-là que la société nous traite. Comme si on était une catégorie à part. Je ne suis pas ronde, emballée ou en chair. J’ai un gros ventre. C’est juste cette partie de mon corps qui semble disproportionnée comparativement au reste de mon corps. Ah et mon double menton et mes bras aussi.

Comme je disais, je n’ai pas toujours été grosse. J’ai commencé à prendre du poids lorsque j’ai arrêté la pilule la première fois. C’est un des symptômes du SOPK : la prise de poids rapide et hors de contrôle et la perte de poids excessivement lente. Le SOPK est une maladie hormonale, reliée entre autre au débalancement d’insuline, l’hormone en cause dans le diabète et qui cause dans la majorité des cas un surplus de gras au niveau de l’abdomen. Ajouter à cela la prise d’antidépresseurs connus pour faire engraisser et me voici : bien mal dans ma nouvelle peau de grosse.

Quand j’ai rencontré Guillaume, j’avais presque réussi à atteindre mon poids santé. Lorsque j’ai arrêté la pilule une deuxième fois pour concevoir Henri, j’ai pris 80 livres dans l’année que cela m’a pris pour tomber enceinte. On s’est aussi fiancés pendant cette année-là.

Pendant ma grossesse, j’ai décidé de repousser notre mariage d’un an, parce que je voulais me laisser le temps de perdre tout ce poids pour me trouver belle dans ma robe de mariée.

Mais ce poids, je ne l’ai jamais perdu. J’en ai même ajouté sur la balance. Parce qu’on essaie d’avoir bébé 3. Parce que mon SOPK est dans le plafond.

Je n’essaie pas de me justifier. Je veux simplement dire que les grosses personnes, on a un passé que l’on traîne sur nos épaules. On a chacun et chacune nos raisons, ou pas. Notre gêne ou pas. Notre honte ou pas. Nos regrets ou pas. Notre motivation ou pas. Notre force ou pas. Pour perdre ce poids.

On est pas des sous-personnes.

Pas une race à part.

On est beaux aussi.

Chaque corps est unique et raconte une histoire qui lui est propre.

J’arrive à mon point.

J’avais rendez-vous ce soir-là chez Oui je le vœux avec mes demoiselles d’honneur. Mes meilleures amies, ma sœur et ma belle-soeur. J’étais nerveuse. Je n’avais presque pas dormi de la nuit. J’étais fébrile oui, mais surtout inquiète de savoir si j’allais trouver une robe qui allait me plaire, mais aussi avantager ma silhouette et surtout : me faire. J’avais visité et revisité en ligne leur section  »taille plus » (ayoye ça me fait d’écrire ça). Mais je n’avais pas du tout l’impression que leurs mannequins  »taille plus » étaient vraiment des tailles plus. En tout cas, elles n’étaient clairement pas aussi grosses que moi.

J’avais envie de pleurer en marchant vers la boutique sur la rue St-Hubert. Je cachais le picotement de mes yeux derrière des blagues et des rires avec les filles.

J’ai eu envie de tout canceller. D’annuler le mariage. Parce que je m’étais toujours imaginée en mariée de la même façon : mince, dans une belle robe en dentelle ajustée. Sexy mais juste ce qu’il faut.

Mon anxiété était à son comble.

J’ai essayé la première, la deuxième, la troisième, la quatrième et la cinquième robe. J’en avais une préféré, mais je n’ai pas eu l’émotion avec un grand É que j’attendais. J’ai réessayé la troisième. La robe était magnifique, mais j’avais l’impression que je gâchais le tout. Je me regardais dans le miroir et je n’aimais pas ce que je voyais.

Cette robe n’est pas LA robe.

Aucune larme, pas trop d’excitation. Pas de cris de joie.

Définitivement pas le moment auquel je rêvais depuis mon enfance.

Je me voyais marcher vers mon chum dans cette robe.

Mais j’étais juste déçue. De moi.

Et ce commentaire d’en fin de semaine, m’a fait comprendre pourquoi je ne trouvais pas mon texte honnête.

J’ai été traitée comme une reine lors de mon essayage. Les robes étaient magnifiques et la conseillère une vraie soie. Mes demoiselles d’honneur ont été parfaites.

Alors pourquoi je n’ai pas eu cette émotion quand je suis tombée en amour avec ma robe ? Parce que l’image que me renvoyait le miroir de concordait pas avec celle de moi que  j’ai dans ma tête. La Catherine de 20 ans qui se trouvait grosse mais qui l’était tellement pas. Et je réalise que de détester mon corps de Catherine d’aujourd’hui, me vole de précieux moments de bonheur dans la vie.

J’ai hâte à mon prochain essayage de robe. J’ai hâte de la voir de nouveau et j’ai surtout hâte de me regarder avec des nouveaux yeux de fille qui s’est vue pour vrai.

Humblement, je pense que je suis une belle personne dans la vie. Je tente d’aider mon prochain le plus souvent que je le peux et de répandre le bien.

Je mérite de vivre heureuse et d’arrêter d’avoir honte de mon corps. D’arrêter de tenter de le cacher. Peut-être qu’un jour, quand les conditions favorables seront réunie, quand mon état de santé sera sous contrôle. Je retrouverai le corps que j’ai déjà eu. Sinon, il m’a permis de porter la vie deux fois et je pense que ça le rend beau.

En attendant… Je suis grosse.

Et tu sais quoi ? Je serai une belle mariée.

 

 

Je tiens à remercier la boutique Oui je le vœux pour ma superbe robe de mariée, que j’ai si hâte de partager avec vous et pour la parfaite expérience V.I.P qu’ils m’ont permis de vivre. Ils ont une très grande collection de robes de grande tailles, en vente et en location. Les filles, allez magasiner le cœur léger, votre robe de rêves vous attend peut importe votre taille !

 

Author: l’Emmèredeuse

L’emMÈREdeuse, c’est moi : Catherine.
Maman de deux (petits monstres) adorables garçons : Thomas aka Petit Poulet et Henri aka Bébé Loup.
Je suis copropriétaire d’une famille recomposée remplie d’amour et de folie.
Ma plume prend parfois des chemins humoristiques, parfois des plus sérieux, mais toujours ceux de l’authenticité et de l’humilité.
Maman Louve à mes heures. Je partage avec vous les petits et grands moments de mon quotidien de maman.
De maman ben ordinaire.
Qui travaille à temps plein … Pis qui fait son gros possible.