Lettre à la femme que j’étais, avant de briser ma famille.

Salut ma belle.

Je sais que t’es malheureuse. Je sais que tu es épuisée : tenir ton couple, ta famille à bout de bras, ça gruge vraiment beaucoup d’énergie.

Je sais que tu te dis que tu es probablement capable faire ça toute seule : et tu as raison. Turns out que finalement, t’as besoin de personne pour t’occuper de la p’tite, t’es capable toute seule. Et t’es capable, en plus de subvenir à ses besoins, de faire le lavage, de passer la balayeuse, de faire la vaisselle et de préparer ses lunchs pour l’école. Toute seule. Semblerait que t’es une superwoman et que tu ne le sais même pas.

Je sais aussi que tu penses que tu vas t’ennuyer d’elle quand elle sera chez papa. Et bien laisse-moi te dire la vérité : ça sera encore pire que tu le crois. Tu penses que tu vas pouvoir en profiter pour prendre soin de toi mais non, c’est faux : tu vas juste prendre le temps d’avoir mal. Mal tout le temps, 24h sur 24h, pendant une semaine. Ça va te faire l’effet d’être sur respirateur artificiel  et de reprendre vie au moment où elle entre enfin chez toi.

Tu vas avoir peur aussi : tellement peur. Peur qu’elle ne veuille plus revenir. Peur qu’elle aime mieux ça chez papa. Peur qu’elle préfère sa nouvelle belle-mère à toi. Peur qu’on essaye de te l’enlever. Alors tu ne laisseras un pouce de jeu à personne. Tu ne te reconnaîtras plus. Tu vas péter des coches à la moindre affaire : personne ne décide à ta place de ce qui est bon pour ton bébé.

Tu vas passer ton temps à te torturer avec toutes ces petites choses que tu manques : les comptes rendus de la journée à l’école, les nouvelles chansons apprises durant la journée. Tu vas avoir mal qu’on ne te laisse pas l’inscrire à l’école parce que tu habites la ville à côté. Tu vas pleurer en boule par terre dans ton appartement après avoir passé l’Halloween avec elle et son papa parce qu’il est reparti avec elle : après tout, ce n’est pas ta semaine.

J’aimerais ça te dire que ça va passer, que ça va aller mieux. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. Huit mois plus tard, c’est toujours aussi pénible, toujours aussi déchirant. Comme si tous les vendredis où elle quitte avec son père, elle emmenait avec elle la moitié de toi et que pendant toute la semaine, tu vas essayer fort fort de te convaincre que t’es capable de très bien vivre comme ça.

Mais, avec le temps, avec de la patience, tu vas y arriver. Parce que j’ai confiance en toi: t’es forte et il n’y a rien à ton épreuve.

On va y arriver ma belle. Promis.

Author: Marie-Claude Royer

Je n’ai pas de zone grise. Je vis trop souvent en noir ou en blanc. Je suis devenue une pro du mode survie. La maternité m’a appris le vivre et laisser vivre.
En ce qui concerne ma parentalité, je considère que je suis celle qui connaît le mieux mon enfant… Je crois que chaque parent est le « pro en chef » de ses kids et devrait toujours écouter ses feelings avant l’opinion des autres. J’ai donc tendance à ne pas accueillir à bras ouverts les critiques et conseils des autres et j’évite à mon tour de leur en prodiguer.
J’ai une plus ou moins nouvelle réalité de maman-séparée-qui-voit-son-bébé-une-semaine-sur-deux et essayer de survire lorsqu’elle est chez son père occupe tout mon temps ou presque.
Je travaille fort. Ben, j’essaye en tout cas!