L’amour du haut de tes 5 ans.

Crédit photo : Marie-Claude Royer.

‘’Tu sais maman, quand Théo et moi on va être grands, on va se marier. Et on ne va pas se séparer nous.’’.

BANG. Coup de poignard dans mon cœur.

Parce que oui ma cocotte, c’est ça pour toi l’amour. C’est ton beau Théo, pour toute la vie. Vous allez vous marier, avoir des enfants et venir me visiter en voiture.

Du haut de tes cinq ans, tu ne sais pas encore que l’amour ne rime pas nécessairement avec toujours. Des fois oui, mais pas tout le temps. Malgré que papa et moi nous ne sommes plus des amoureux, toi, tu y crois encore.

Des fois je t’envie ma poulette. Je t’envie ce monde de licornes et de barbe à papa où Théo et toi vous vous aimez depuis maintenant trois ans, fidèlement, même si vous n’allez pas à la même école et que vous n’avez plus la chance de vous voir tous les jours comme du temps de la garderie. Y’a ben du monde qui pourrait tirer des leçons de ça, laisse-moi te le dire!

Je t’envie cette certitude que tu vis la plus belle histoire d’amour du monde entier. Je t’envie de ne pas savoir qu’un cœur ça se forme une carapace des fois et qu’une fois qu’elle est là, il est pratiquement impossible de l’enlever.

Je travaille fort cocotte pour préserver ta belle naïveté. Ta bulle, je la protège du mieux que je peux. Parce qu’à 5 ans, comme à 15, comme à 25, c’est important de croire que l’amour ça peut durer toujours. Parce que ça se peut : regarde grand-mamie et grand-papi!

Et j’y crois pour Théo et toi! Vous avez toute la vie pour vous aimer, toute la vie pour vous tenir la main dans le sofa en écoutant  »Pat’ Patrouille », toute la vie pour vous faire des dessins, toute la vie pour vous parler par Skype quand ça fait trop longtemps que vous ne vous êtes pas vu. Et si un jour vous vous mariez, je te sortirai toutes les photos de vous deux quand vous étiez petits. Ces photos que les gens regarderont en faisant ‘’awwwwwwwwww’’…

Tu es tellement belle dans ta façon de voir l’amour ma cocotte. Câline, des fois je me laisse tenter. Des fois j’ai le goût de t’emprunter tes lunettes roses en forme de cœur, celles qui te donnent ces p’tites étincelles dans les yeux. Celles qui mettent des brillants dans ton cœur.

Mais elles ne me font pas : elles sont trop petites pour moi.  Des lunettes comme ça, il n’en existe pas à ma taille. Mais c’est pas grave : j’y crois avec toi, à cet amour sans fin. J’y crois tellement.

Author: Marie-Claude Royer

Je n’ai pas de zone grise. Je vis trop souvent en noir ou en blanc. Je suis devenue une pro du mode survie. La maternité m’a appris le vivre et laisser vivre.
En ce qui concerne ma parentalité, je considère que je suis celle qui connaît le mieux mon enfant… Je crois que chaque parent est le « pro en chef » de ses kids et devrait toujours écouter ses feelings avant l’opinion des autres. J’ai donc tendance à ne pas accueillir à bras ouverts les critiques et conseils des autres et j’évite à mon tour de leur en prodiguer.
J’ai une plus ou moins nouvelle réalité de maman-séparée-qui-voit-son-bébé-une-semaine-sur-deux et essayer de survire lorsqu’elle est chez son père occupe tout mon temps ou presque.
Je travaille fort. Ben, j’essaye en tout cas!