La fois ou j’ai pleuré, à la place de te réconforter.

C’était la première fois que tu étais vraiment malade avec moi depuis que ton papa et moi on était séparés.

En d’autres mots ma toutounette, c’était la première fois que je devais m’occuper de toi toute seule comme ça.

Et pour la grande anxieuse que je suis, c’était vraiment une épreuve difficile.

Parce que oui, maman capote sa vie quand tu es malade. Je sais ben que tu n’es pas à l’article de la mort. Je sais ben qu’on va guérir ça ce bobo-là. Mais j’ai beau me le répéter, ma tête ne suit pas.

Je te donne tous les soins qu’il faut, mais en tremblant.

Je pleure dans la salle de bain pour ne pas que tu me vois.

Mais cette fois-ci, j’ai craqué. Tu étais souffrante, fatiguée, fiévreuse, malade. Je n’avais pas dormi la nuit d’avant. Rien mangé depuis plus de 24h. J’avais besoin qu’on m’aide. J’avais besoin qu’on me rassure moi.

Qu’on me rassure que tu étais correcte, que je faisais tout ce qu’il fallait, que tout allait bien aller.

Ma nouvelle réalité m’a rentrée dedans comme un bulldozer : il y a juste toi fille. Deal with it.

Et j’ai pleuré. Devant toi. Et tu m’as vu. Je n’ai pas eu le temps de me cacher.

Et ça t’a fait de la peine. Tu as pleuré toi aussi : tu ne comprenais pas pourquoi je pleurais.

Tu as dû me faire un câlin pour que je me calme. Je t’ai dit que je pleurais parce que je n’aimais pas ça quand tu étais malade. Mais en réalité, je pleurais parce que je me rendais compte que maintenant, quand tu étais chez moi et que tu étais malade, tu étais ma responsabilité à moi toute seule. Et que mes angoisses et mon anxiété devraient se calmer le pompon, que je devrais apprendre à me calmer moi-même.

Plus le temps de niaiser avec ça : c’est toi et juste toi qui est en charge fille. Deal with it.

Cette nuit-là on a dormi collées.

Quand tu as divaguée à cause de la fièvre en pleine nuit, je n’ai pas versé une seule larme.

J’ai veillée sur toi, comme je sais que je suis capable de le faire.

Et le lendemain, tu allais mieux.

Moi aussi.

J’ai arrêté de pleurer et je suis redevenue la maman efficace qui soigne les bobos.

Parce que la Marie-Claude de 2017, elle n’a plus le choix d’assurer. Deal with it fille.

Author: Marie-Claude Royer

Je n’ai pas de zone grise. Je vis trop souvent en noir ou en blanc. Je suis devenue une pro du mode survie. La maternité m’a appris le vivre et laisser vivre.
En ce qui concerne ma parentalité, je considère que je suis celle qui connaît le mieux mon enfant… Je crois que chaque parent est le « pro en chef » de ses kids et devrait toujours écouter ses feelings avant l’opinion des autres. J’ai donc tendance à ne pas accueillir à bras ouverts les critiques et conseils des autres et j’évite à mon tour de leur en prodiguer.
J’ai une plus ou moins nouvelle réalité de maman-séparée-qui-voit-son-bébé-une-semaine-sur-deux et essayer de survire lorsqu’elle est chez son père occupe tout mon temps ou presque.
Je travaille fort. Ben, j’essaye en tout cas!