À toi mon amie virtuelle

On s’est  »rencontrées » en ligne. Dans un groupe de mamans qui avaient leur dpa toutes en même temps.

Ou sur Instagram parce qu’on utilisait le même hashtag.

Je t’ai spotée rapidement, parce que tes commentaires me faisaient rire, pis aussi parce que je me reconnaissait dans tout ce que tu écrivais.

On s’est mis à se parler en privé. De rien, mais surtout de tout.

De nos enfants, de nos couples, de nos parents.

De nos peurs, de nos fiertés, de nos réussites.

De nos règles, de nos parties intimes, de nos hémorroïdes.

T’es une vraie amie. Pas juste du vent d’internet.

Souvent, c’est plus facile de me confier à toi.

Derrière mon écran. De m’ouvrir, sans avoir peur de me faire juger.

Sans avoir à te regarder dans les yeux.

J’ai un pas de recul.

Tu fais partie de ma vie. Je parle de toi à mes amies, à mon chum et à ma mère.

J’ai attendu ton accouchement avec toi jour après jour, je t’ai encouragée dans ta période de latence, tu m’as soutenue dans mon début d’allaitement difficile.

Je t’ai envoyé un cadeau de naissance par la poste.

On a passé des soirées à se raconter nos vies, un peu pour passer le temps pendant la folie des tétées groupées.

Mais surtout parce qu’on est devenues des vraies amies.

Des vraies amies virtuelles. Toujours là, juste à la distance d’un bras. Dans une poche arrière ou dans un sac en bandoulière.

On rêvait de se rencontrer  »pour vrai », de s’échanger nos bébés. De regarder nos enfants jouer ensemble. De jaser autour d’un bon café.

Je savais que j’avais avoir de la peine en te quittant, j’ai tenté de me protéger, mais j’ai versé quelques larmes.

Je ne savais pas si j’allais pouvoir te serrer de nouveau dans mes bras un jour.

J’imagine qu’on est déjà assez chanceuses de s’être rencontrée une fois.

C’est pas toutes les amies virtuelles qui ont cette chance.

La vie a repris son cours.

J’ai rencontré d’autres amies virtuelles, qui me ressemblent peut-être plus à ce temps-ci de ma vie.

On se donne de moins en moins de nouvelles.

Nos bébés ont vieillit, ils ne boivent plus la nuit.

La folie de la vie nous a rattrapée.

Mais tu as gardée cette place de choix dans mon cœur.

Parce qu’à un moment précis de ma vie, tu as joué un rôle très précieux.

Tu étais exactement ce que j’avais besoin.

Je te souhaite tout le bonheur du monde, et si jamais un jour, bientôt ou pas, tu as besoin de moi…

Souviens toi que je ne suis qu’à une distance de bras.

Author: l’Emmèredeuse

L’emMÈREdeuse, c’est moi : Catherine.
Maman de deux (petits monstres) adorables garçons : Tom le dresseur de loups et Henri le Bébé Loup.
Je suis copropriétaire d’une famille recomposée remplie d’amour et de folie.
Ma plume prend parfois des chemins humoristiques, parfois des plus sérieux, mais toujours ceux de l’authenticité et de l’humilité.
Maman Louve à mes heures. Je partage avec vous les petits et grands moments de mon quotidien de maman.
De maman ben ordinaire.
Qui travaille à temps plein … Pis qui fait son gros possible.