À toi, l’amoureux d’une maman.

Allo mon amour. Toi, qui est tombé amoureux d’une maman.
C’est important pour moi de mettre par écrit tout ce que je ressens là, aujourd’hui, en ce moment.
Je veux que tu saches que je pense que je comprend. Que je comprend à quel point ce que j’attend de toi est difficile. Parce que tu te retrouves souvent à naviguer dans des eaux pas mal houleuses. Parce qu’en plus je ne suis souvent pas claire. Très souvent je ne te laisse pas t’impliquer parce que je veux prouver au monde entier, et à moi-même, que je suis capable toute seule.
Mais d’autres fois, j’ai tellement besoin que tu m’aide que j’en pleure presque. Que tout ça est complexe pour toi. Ça le serait pour tout le
monde.
Tu es à cheval sur entre le mononcle le fun et l’autorité parentale. Parce que je t’ai souvent répété que ce n’était pas ton rôle d’élever ma fille : elle a un papa pour ça. Mais qu’en même temps, il tombera parfois sur tes épaules de la discipliner si elle saute sur le sofa pendant que je suis dans la douche. C’est une ligne mince, pas du tout facile à gérer.
Mais tu es bon : même très bon. Tu m’impressionnes : quand j’étais à ta place, je n’avais pas ton naturel, crois-moi.
Tu m’aimes : je le sais, je le sens. Tu m’acceptes, moi, comme je suis. Mais pas juste moi : mon bagage aussi. Tu acceptes mon enfant, la chaire de ma chaire. Tu acceptes sans ronchonner tous les sacrifices que je dois faire et que je t’impose par amour pour elle. Tu acceptes et comprends les priorités qui viennent avec cette garde partagée. Même si tu trouves que j’en prends beaucoup trop sur mes épaules, tu es avec moi là dedans. Je ne pourrais pas demander un meilleur partenaire.
Tu es fâché avec moi quand c’est le temps, mais aussi très rationnel quand je n’arrive pas à l’être. Tu as appris exactement quoi faire quand je pleure parce que je m’ennuie. T’es rendu un pro du câlin silencieux. Tu es même capable, maintenant, de l’anticiper, de prévoir quand ça va arriver.
Tu endures les Pat Patrouille et les Shimmer and Shine quand en fait, tu aimerais beaucoup mieux écouter tes émissions de chars. Tu dessines des princesses. Tu te lèves (beaucoup) trop tôt le samedi matin. Des fois tu va même nous chercher du Tim Hortons. Tu nous suis au jardin botanique et en camping. Tu la laisse mettre des tonnes de barrettes dans tes cheveux et ta barbe un dimanche après-midi parce qu’on fait rien de spécial. Tu traîne un banc d’auto dans ta voiture sport. Tu reviens de l’épicerie tout content parce que tu as acheté les saucisses, ‘’t’sais? Celles que la p’tite aime?’’
Je sais que plusieurs pensent que ‘’ça va de soi’’, mais moi, je le sais très bien que ce n’est pas le cas. C’est un choix que tu fais, consciencieusement.
Tu me choisis. Tu nous choisis, elle et moi. Je le sais.
J’en suis consciente. Et j’en suis oh combien reconnaissante.
Tu as décidé de rester quand plusieurs autres auraient passé leur chemin. Parce que tu m’aimes. Et aussi un peu (j’espère) parce que tu l’aimes.
Avec le temps, tu en viendras à accepter le rôle de beau-père. Mais je voulais juste te dire que tu fais déjà tout ce qu’il faut.
Je t’aime

Author: Marie-Claude Royer

Je n’ai pas de zone grise. Je vis trop souvent en noir ou en blanc. Je suis devenue une pro du mode survie. La maternité m’a appris le vivre et laisser vivre.
En ce qui concerne ma parentalité, je considère que je suis celle qui connaît le mieux mon enfant… Je crois que chaque parent est le « pro en chef » de ses kids et devrait toujours écouter ses feelings avant l’opinion des autres. J’ai donc tendance à ne pas accueillir à bras ouverts les critiques et conseils des autres et j’évite à mon tour de leur en prodiguer.
J’ai une plus ou moins nouvelle réalité de maman-séparée-qui-voit-son-bébé-une-semaine-sur-deux et essayer de survire lorsqu’elle est chez son père occupe tout mon temps ou presque.
Je travaille fort. Ben, j’essaye en tout cas!