Numéro 2.

J’ai un fils. Il s’appelle Victor. J’en parle, je le dépeins, je le raconte souvent. Mais c’est normal et je l’assume. Il est de loin, très loin, le meilleur être humain de l’univers. J’aime ma femme, j’aime mes amis, j’aime ma famille, mais l’amour que j’ai  pour mon garçon fait partie d’une autre catégorie.

Dans le jargon de gamer je dirais, un autre «level» d’amour. Il me fait découvrir des nouveaux tableaux, débloque de nouvelles possibilités dans une réalité que je croyais pourtant si bien connaître.

Ce que je ressens pour mon fils ce  n’est pas juste de l’amour c’est de la fascination et de l’admiration pure. Dernièrement, je me baladais avec lui en voiture et nous sommes passés pas très loin de sa garderie. Pas directement devant, mais dans le quartier avoisinant. Il a dit «Allô Garderie!», il est maintenant capable de se géolocaliser!!!

À peine 20 mois et il m’a déjà fait surpasser tout l’étonnement que j’ai pu ressentir dans ma vie.

Avez-vous une idée de combien quelqu’un doit faire quelque chose d’extraordinaire pour réussir à m’impressionner à ce point? Il faudrait que quelqu’un trouve le sasquatch, le domestique et lui fasse faire le meilleur des pains de viande, pour espérer, peut-être, atteindre une centième de ce niveau d’émerveillement.

Je ne croyais pas pouvoir ressentir tout ça pour une seule et même petite personne, j’en suis le premier ravi.

Dans quelques mois à peine, j’aurai une autre petite merveille de qui je devrai m’occuper. Oui, un deuxième petit miracle va venir réchauffer nos cœurs dans très peu de temps.

J’ai hâte de le voir, de le prendre dans mes bras. J’ai hâte de revivre les étapes que je viens tout juste de vivre avec Victor, mais, cette fois, à sa manière. J’ai hâte, oui, je suis content, oui, mais au fond de moi je me demande comment je vais faire. Ici, je ne parle pas du manque de sommeil, de budget familial ou de changements de couches, ça c’est bon, j’ai plutôt bien compris le concept. Non, je veux dire, comment vais-je faire pour l’aimer autant? Comment est-ce que mon cœur pourra générer deux fois plus d’amour qu’il le fait déjà maintenant?

Est-ce que je vais devoir commencer à moins aimer mon Victor? Non, cette option est inconcevable. Est-ce qu’alors je vais devoir aimer un peu moins #2 ? Ça aussi, c’est inconcevable. Mais alors comment je vais faire? Est-ce que je vais devoir séparer mon cœur en deux et équitablement le diviser?

Ou, encore une fois, c’est quelque chose que je ne comprends pas encore. Comme l’amour inconditionnel et gargantuesque dont j’ignorais complètement l’existence avant d’avoir mon fils. Peut-être qu’avant d’avoir dans mes bras ma deuxième petite merveille je ne peux pas m’imaginer comment je vais faire pour générer autant d’amour. Mais que, le jour venu, quand je vais voir ses yeux, son petit corps couché sur le sein de ma femme, je vais enfin comprendre. Je vais comprendre que l’amour qu’on a pour nos enfants ne se calcule pas comme une portion de farine ou comme un laps de temps. Tout comme je vais me rendre compte que chaque enfant nous rappelle, qu’au fond, on ne sait pas grand-chose.

Author: Simon Delisle

Humoriste depuis 10 ans, papa depuis 1. J’apprends mon nouveau métier une journée à la fois. J’observe grandir mon garçon avec stupéfaction et admiration. J’essaie de le conduire du mieux que je peux dans ce trajet sinueux qui le mènera à l’âge adulte. 
Même s’il se fait souvent plus discret, le papa aussi veut prendre une place importante dans la vie de son enfant. Je vais tenter d’être le messager de la majorité silencieuse des bons papas.
Laissez-moi vous dresser le portrait de la vie d’un papa occupé, qui jongle avec sa carrière, son couple et sa vie de famille, avec ses deux mains en tentant de ne jamais rien échapper.