Petite histoire de maquillage

On est là-dedans : l’acceptation de soi, apprendre à s’aimer tel que l’on est, le positivisme face à son corps. Et dans toute cette belle foulée, quelqu’un, quelque part, que je ne nommerai pas, à laisser ma fille de 6 ans jouer avec du maquillage. A même été, il me semble, jusqu’à l’encourager, à lui dire que ce n’est pas grave.  Dans cette aire ou je tente coûte que coûte de faire comprendre à ma fille qu’elle peut accomplir tout ce qu’elle veut, qu’il n’y a pas de sport réservé aux garçons et que le rose n’est pas uniquement une couleur de fille, cette personne elle a cru bon de lui dire ‘’b’en oui, c’est correct, beurre toi la face de rouge à lèvres et de fard à paupières’’

Il faut comprendre que moi, dans la vie, je ne me maquille pas. Ou plutôt à peine. Je n’ai rien contre ça, évidemment, mais moi, je n’ai pas de temps pour ça dans ma vie. Donc oui, on peut dire que je prêche par l’exemple. Ma fille, ce qu’elle voit chez moi, c’est une maman qui prend soin d’elle et qui travaille fort pour s’accepter mais qui n’hésite pas à sortir pour aller travailler sans une seule touche de maquillage.

Mais là, son petit cerveau a été empoisonné. Par une personne qui ne m’a jamais demandé mon avis. Une personne qui croyait qu’elle savait, elle, ce que ça impliquait d’éduquer une fille en 2018. Une personne qui ne voyait pas de mal à laisser ma fille se barbouiller de couleurs ‘’pour s’amuser’’.

Laisse-moi t’expliquer ce qu’il y a de mal…

Ce qu’il y a, c’est qu’à cette âge, c’est difficile (voir impossible) pour elle de comprendre que c’est correct des fois mais d’autres fois non. Alors elle veut se maquiller. Tout le temps. Pour l’école. Le cours de ski. Le parc. Elle croit que c’est ça qu’on fait, quand on sort. Elle n’a pas tord: c’est ça qu’on fait quand on sort, mais pas quand on a 6 ans.

Aussi, maintenant, elle dit des choses aberrantes comme ‘’maman, moi je trouve que je suis plus belle avec du rouge à lèvre’’. Hey, ça vous défait un estime de soi pas à peu près ça, hen? T’sais, moi qui travaille tellement fort pour lui dire qu’elle est brillante. Qu’elle est généreuse. Que ça ne lui prend pas une robe et plein de bijoux pour être jolie et que l’important c’est qu’elle soit bien dans sa peau….

Comment on fait pour défaire ça après? Ça prend du travail. De l’acharnement. Déjà le monde entier va essayer de lui faire croire qu’elle doit en mettre, du maquillage. À coup de pub à la télé, dans les magazines, de photo ‘’photoshopées’’ à l’os sur des affiches géantes sur le bord de l’autoroute. Est-ce qu’on était obligé de commencer ça tout de suite, maintenant? J’pense pas non.

Alors voilà. Mon beau travail des 6 dernières années, complètement défait. Ça n’aura qu’un coup de pinceau et de fard à joue pour projeter ma fille dans un univers b’en trop vieux pour elle.

Quand il sera le temsps. Quand elle sera plus vielle. Quand je serai certaine qu’elle comprend, que mon message d’acceptation de soi et d’amour propre sera bien encré dans sa tête. Quand je serai satisfaite que nous en avons assez discuté, là, elle pourra se maquiller. En attendant, je vais devoir travailler fort pour ramener ça. B’en b’en fort…

Author: Marie-Claude Royer

Je n’ai pas de zone grise. Je vis trop souvent en noir ou en blanc. Je suis devenue une pro du mode survie. La maternité m’a appris le vivre et laisser vivre.
En ce qui concerne ma parentalité, je considère que je suis celle qui connaît le mieux mon enfant… Je crois que chaque parent est le « pro en chef » de ses kids et devrait toujours écouter ses feelings avant l’opinion des autres. J’ai donc tendance à ne pas accueillir à bras ouverts les critiques et conseils des autres et j’évite à mon tour de leur en prodiguer.
J’ai une plus ou moins nouvelle réalité de maman-séparée-qui-voit-son-bébé-une-semaine-sur-deux et essayer de survire lorsqu’elle est chez son père occupe tout mon temps ou presque.
Je travaille fort. Ben, j’essaye en tout cas!