Quand supermom n’est pas suffisante

Je chéris ce rêve d’être tout ce dont elle a besoin. D’être capable de guérir tous les bobos, les plus petits comme les plus grands. De pouvoir sécher toutes les larmes, celles de crocodiles et celles qui coulent d’une grande et vraie peine.

Je me bats jours et nuits pour lui donner ce qu’il y a de mieux. Je veux qu’elle soit bien, tout le temps : il n’y a que cela qui compte pour moi. Mon bonheur passe deuxième (il est même souvent complètement mis de côté) afin que tous ses petits besoins soient comblés.

Mais je n’ai pas été capable de l’aider : son anxiété a dépassé mes capacités de supermom. J’ai dû me rendre à l’évidence que malgré mon expérience avec cette (fucking) maladie, je n’arrivais pas à l’aider. Parce que ce qui fonctionne avec moi (l’adulte de 34 ans) ne fonctionne pas avec elle (la princesse de 6 ans). Parce que malgré le fait que je reconnaissais toutes ses réactions, que j’anticipais ses angoisses, que je voyais tous les signes, je n’étais plus suffisante pour arrêter le torrent de ses anxiétés.

Je n’ai jamais eu honte ou peur de dire que je fais de l’anxiété et que j’ai dû aller consulter pour pouvoir en arriver à vivre mieux avec cette maladie. Je suis de ceux qui croient fermement qu’aller chercher de l’aide n’est pas un signe de faiblesse mais demande plutôt une grande force : vouloir s’aider, c’est BIG. C’est important. C’est vital.

Par contre, mes belles certitudes ont été ébranlées quand nous en sommes venus à la conclusion que nous devions amener notre fille consulter. Nous n’étions plus assez équipés pour l’aider. Nous avions tout essayé : il n’y avait plus d’autres options.

Ça, ça donne un coup. Comme un coup de poing à l’estomac, qui arrête le souffle complètement. On est rendu là. Elle doit apprendre comment gérer son anxiété le plus tôt possible, maintenant qu’elle est encore petite et résiliente, si on ne veut pas qu’elle finisse comme moi. Insécure et constamment angoissée.

Les premiers pas sont parfois difficiles à faire. Comme maman, on aime savoir qu’on connait notre enfant mieux que personne et que nous sommes les mieux placées pour les aider. C’est souvent vrai. Mais la réalisation que ce ne l’est pas toujours est une peu dur à avaler.

Mais néanmoins c’est ce que nous avons fait, son papa et moi. Nous avons mis nos forces parentales ensemble pour le bien-être de cet être que nous aimons plus que tout au monde. Nous faisons tout en notre pouvoir pour qu’elle aille tous les outils nécessaires dans son petit coffre à outils pour faire face à son anxiété, qui la suivra probablement toute sa vie.

Je refuse qu’elle se laisse avoir par cette maladie. Je vais l’aider. Nous allons l’aider. Après, ‘’it takes a village’’, non?

Author: Marie-Claude Royer

Je n’ai pas de zone grise. Je vis trop souvent en noir ou en blanc. Je suis devenue une pro du mode survie. La maternité m’a appris le vivre et laisser vivre.
En ce qui concerne ma parentalité, je considère que je suis celle qui connaît le mieux mon enfant… Je crois que chaque parent est le « pro en chef » de ses kids et devrait toujours écouter ses feelings avant l’opinion des autres. J’ai donc tendance à ne pas accueillir à bras ouverts les critiques et conseils des autres et j’évite à mon tour de leur en prodiguer.
J’ai une plus ou moins nouvelle réalité de maman-séparée-qui-voit-son-bébé-une-semaine-sur-deux et essayer de survire lorsqu’elle est chez son père occupe tout mon temps ou presque.
Je travaille fort. Ben, j’essaye en tout cas!