Mon mâle, un homme autonome.

 

Dernièrement, c’était la relâche. Je l’avais planifiée depuis plus d’un an, sachant que mes deux garderies fermaient, elle était incluse dans mon congé de maternité. Mais surprise! J’ai eu une opportunité de carrière que je ne pouvais pas refuser et qui exigeait un retour au plus vite au boulot. La maman-clown-entertainer-G.O du Club Med en moi a capotée entre le nouveau défi à  relever et le quossé m’a dont faire avec mes kids? J’ai donc fait appel à  nul autre que mon mâle, un beau spécimen de maudit Français, qui m’a dit d’y aller, qu’il prendrait sa semaine en vacances et que tout irait bien. ALLELUIA!

 

Juste pour préciser, mon mâle n’est pas un adepte de se rouler parterre avec les marmots, ni de prendre cinquante-douze semaines de paternité pour profiter du vomi et des couches pleines. Vraiment, mais alors vraiment pas. Mais quoi qu’il en soit, je suis rentrée au bureau lundi matin, sans m’inquiéter parce que je sais que je peux totalement m’en remettre à lui et à son gros bon sens.

 

Mon mâle, je l’ai choisi parce que je savais que c’était un homme autonome et aussi pour sa grosse queue culture. Il n’est d’aucune façon mon 3e enfant (quand j’entends des femmes dire ça, je sens mon vagin se ratatiner) ou une personne vaguement à  ma charge qui est fusionnelle avec le divan. Non, c’est un mâle adulte, capable de penser et de gérer les crises de bacon de Jean-Guy (5 ans) et les cacas abondants de Ginette (11 mois). Ce n’est pas un papa-G.O du Club Med-entertainer-4 groupes du guide alimentaire canadien et il n’a certes pas la même manière de «parenter» que moi, c’est sans doute culturel (on se fera un autre article à  ce sujet),  mais nos rejetons sont heureux avec lui.

Je déplore tellement la situation de certaines mamans de mon entourage qui font «garder» leurs enfants par leur chum. Un père ne garde jamais ses enfants, c’est une aberration, un non-sens. Un père s’occupe de ses enfants, car sachez mesdames, que si vous mourriez, oui, papa prendrait le relais (je le sais, parce que mon père l’a fait). Il le ferait à  sa façon, sans consignes, sans petits plats cuisinés, sans post-it sur le frigo, sans votre grain de sel.

 

Cette semaine-là, j’ai été submergée par mes nouvelles responsabilités, mais je n’ai pas pensé une seule seconde à Jean-Guy et Ginette et je n’en éprouve aucune culpabilité. Certaines de mes collègues me saluaient et toutes compatissantes comprenaient  comment je pouvais être triste et que c’était dont pas facile de reprendre après un an, mais moi, non, au contraire j’étais heureuse et totalement en paix, car je savais que mes enfants étaient biens avec leur papa. Mon mâle ne m’a texté qu’une seule fois, pour savoir oussé que j’avais dont foutu le satané carnet de santé de Ginette, détail essentiel quand on va chez le médecin. Le pire, c’est que je n’ai même pas répondu à  son texto et qu’il l’a trouvé, sans mon aide.

 

En somme, j’ai choisi le bon gars. Le seul homme avec un caractère de marde à  la hauteur du mien, celui qui n’a pas changé après m’avoir engrossée et m’avoir vue accoucher. Merci mon amour, c’était une très belle semaine de relâche/retour au travail grâce à  toi.

Author: Vicky Marois

Je suis une maman qui travaille, qui n’a pas de patience, qui n’aime pas jouer, mais qui tripe sur le bricolage et qui aime ses enfants plus que tout. Je suis une maman provenant d’une famille éclatée qui tient mordicus à sa famille nucléaire. Je suis une maman en apprentissage, en formation continue de maman depuis maintenant presque 6 ans. Je suis une amoureuse, qui vit avec un maudit français. Je suis une femme qui s’assume de plus en plus dans sa chair et qui souffre d’un SPM ravageur. Je suis une artiste qui n’a plus le temps de sortir ses pinceaux. Je suis sans contredis une grande gueule qui a besoin d’être entendue et lue. Je suis Vicky.