Je suis une femme ordinaire

Oui oui. Je suis une femme ordinaire. Sauf que…

Comme tant d’autres, je possède des super-pouvoirs. Comme tant d’autres, tous les jours, je joue plusieurs rôles, je vis plusieurs vies.

Je suis une femme et plein d’autres choses aussi.

Je suis une maman. Je m’occupe à temps plein d’un petit être humain. Je nourris une autre bouche, une autre âme. J’accompagne une autre vie que la mienne, qui dépend de moi constamment.

Je suis une fille, une petite-fille, une filleule. Je suis une sœur, une cousine, une tante, une nièce. J’adore passer du temps avec ma famille dès que je peux, parce qu’il s’agit d’une grande richesses à mes yeux et je sais à quel point le temps passé ensemble est important. Les moments que nous partageons sont extrêmement précieux.

Je suis aussi une amie. Toujours attentive, toujours prête à dropper  tout ce que je suis en train de faire pour offrir mon support à quelqu’un. Pour lui donner une bonne tape dans le dos en disant « T’es capable! Je crois en toi! ». Et vraiment le penser.

Je suis une étudiante. J’adore apprendre, j’adore mon domaine de formation et je poursuis ces études-là pour exercer le métier que je veux vraiment faire. Pour m’accomplir. Pour réaliser mes rêves, atteindre mes objectifs. Pour donner vie à mes ambitions. Pour peut-être changer le monde.

Tous ces rôles me comblent et font de moi qui je suis. Toutefois, c’est facile de s’embrouiller, de s’oublier.

Ça peut devenir lourd, par moments, de vouloir tout faire, mais de ne pouvoir donner son 100% à nulle part.

Je ne peux pas être l’étudiante parfaite et avoir des A partout. Je suis une femme intelligente et cultivée, mais je ne peux pas exploiter tout mon potentiel, parce que plusieurs choses échappent à mon contrôle, parce que j’ai attrapé la gastro de mon fils en fin de session, que mon cerveau est en manque de sommeil, ou parce que j’ai une amie qui avait vraiment besoin d’une épaule sur laquelle pleurer hier soir.

Je ne peux pas être 100% présente pour cette amie qui vit une période difficile, parce que dans ma tête, je me dis « Fuck, je devrais être en train de finir mon travail final pour vendredi. ».

Je ne peux pas être totalement disponible pour passer la soirée à jouer avec mon mini, lui lire des histoires, construire une cabane, jouer à cache-cache, parce que je suis à moitié assommée par la routine du matin- la journée de cours- la cuisine- les travaux- le ménage- la routine du soir.

Le temps manque, les priorités se bousculent.

Je ne me plains pas de la vie que j’ai choisie. Pas du tout. Je ne l’échangerais pour rien au monde. Je crois simplement que c’est difficile d’être satisfait-e de ce que l’on accomplit chaque jour, même les petites choses. C’est difficile de se sentir « assez » quand on a l’impression de ne tout faire qu’à moitié.

Pourtant, le soir quand tout devient silencieux et que la terre arrête de tourner pour un instant. Que le p’tit dort à poings fermés, avec un sourire étampé dans sa petite face, que la vaisselle est faite, que je viens de raccrocher avec ma mère, ma sœur ou ma tante qui m’a appelée pour prendre de mes nouvelles, m’encourager ou jaser un peu… Quand je ferme mon ordi après avoir écrit la dernière ligne d’un travail important, quand je coche check sur 3-4 affaires de ma to-do list, quand je me regarde dans le miroir, j’ai le goût de sourire. Je me vois enfin. Je me reconnais. J’ai les joues rougies, les cheveux en tas sur ma tête (c’était pas sur ma to-do list d’aujourd’hui de les laver, fait que…) et ce qui attire le plus mon attention, ce sont mes yeux, qui brillent jusqu’au fond.

Je suis chanceuse.

Je suis bonne.

Je goal en ta. Et toi aussi, toi qui lis. C’est le temps, là, maintenant, de s’arrêter et de s’accorder un peu de crédit.

C’est essentiel de le faire, c’est vital. Parce que demain, on va se lever et ça va être à recommencer. La sérénité, la satisfaction, le feeling d’accomplissement… c’est tous les jours qu’il faut les développer. C’est tous les jours qu’il faut continuer de voir les pas qu’on a faits, les choses qu’on a réussies, plutôt que de se concentrer sur tout ce qu’il reste à régler, plutôt que d’entretenir des attentes inatteignables envers nous-même.

On a tou-te-s nos responsabilités. On a tou-te-s nos façons de gérer le chaos et de réussir l’impossible.

On a tou-te-s nos façons d’exceller dans chacun de nos rôles, même si on ne le voit pas toujours.

On fait de notre mieux.

Oui, c’est facile de s’oublier. Mais oublie-le pas, ça : Peu importe ta situation, peu importe le nombre de checks sur ta to-do list, peu importe l’état de ton salon ce soir.

Tu. es. à. la. hauteur.

Respire.  Souris.

Y’a rien à ton épreuve.

 

Author: Sophie Sarrazin

De maman hypersensible à étudiante typiquement caféinée, ma vie tourne pas mal autour du fait que j’aime les humains (surtout celui que j’ai créé) et que j’aspire à en devenir moi-même un pas pire épanoui. L’écriture, c’est mon calme dans la tempête.
Trucs essentiels à savoir sur moi :
Mon passe-temps préf : donner l’impression que je gère, alors que pas pantoute.
La chose que j’hais : Me faire dire quoi faire ou comment penser.
Mon habitude fatigante : chercher un sens à tout.
Mon spirit animal : Lorelai Gilmore.