Toi mon amie : j’ai peur.

Toi, mon amie. Ma grande chum. Celle avec qui je bois du rosé. Celle avec qui j’ai traversé ma séparation. Ma sœur d’anxiété. Je pense que nous sommes trop grandes pour le terme ‘’best friend’’… Mais si on avait douze ans, crois-moi, je t’aurais donné une moitié de collier en étoile.

Toi, mon amie. Tu as vécu des trucs pas mal tough dans les derniers mois. Je t’ai accompagnée, du mieux que j’ai pu. Je t’ai apporté du vin, quand c’était nécessaire. Je t’ai écoutée. J’étais là, je pense…

Mais dernièrement tu t’éloignes. Tu te replies. Je ne comprends plus ce qui nous arrive. Je tends la main vers toi mais je n’arrive pas à te trouver dans l’épais brouillard qui s’est formé entre nous. Tu es dans le deuil, je veux être là. Mais tes murs sont bien élevés autour de toi. Tes fenêtres sont barrées à double tour : tu ne me laisse pas entrer. Tu m’ouvres, un peu, le temps d’une petite blague, mais jamais je ne peux m’approcher assez proche pour bien te voir.

Je me suis questionnée : est-ce que j’ai été trop égoïste? J’étais dans mes problèmes, c’est vrai… peut-être que je n’ai pas assez été présente, peut-être que j’ai mal exprimée mon empathie durant tes moments difficiles? Est-ce que tu es fâchée? Pourtant tu m’assures que non, que tu n’es qu’occupée… J’ai questionnée une autre amie, pour qu’on compare nos notes : elle ne semble pas inquiète. Je me retiens à deux mains pour ne pas texter ton copain. Je ne veux pas aggraver la situation.

Je suis inquiète, mon amie. Je t’aime et je te sens de plus en plus loin et je ne sais pas comment remédier à ça. Je veux être là, pour toi. Je veux t’apporter du sushi, des cupcakes et du vin. Je veux bitcher avec toi sur nos collègues de travail. Je veux être là. Je m’inquiète pour toi. J’ai peur que tu te renfermes parce que ton deuil est trop immense. Je m’inquiète pour nous. J’ai peur de ne pas être à la hauteur de ta peine et que notre amitié s’effrite.

J’ai peur mon amie. Je t’aime. Je ne vais pas arrêter d’essayer. Je vais aussi tenter de te laisser l’espace que tu sembles avoir besoin pour vivre ta perte aussi.

Mais c’est important que tu saches que je suis juste l’autre côté du brouillard, ok? Si tu veux bien de moi.

Author: Marie-Claude Royer

Je n’ai pas de zone grise. Je vis trop souvent en noir ou en blanc. Je suis devenue une pro du mode survie. La maternité m’a appris le vivre et laisser vivre.
En ce qui concerne ma parentalité, je considère que je suis celle qui connaît le mieux mon enfant… Je crois que chaque parent est le « pro en chef » de ses kids et devrait toujours écouter ses feelings avant l’opinion des autres. J’ai donc tendance à ne pas accueillir à bras ouverts les critiques et conseils des autres et j’évite à mon tour de leur en prodiguer.
J’ai une plus ou moins nouvelle réalité de maman-séparée-qui-voit-son-bébé-une-semaine-sur-deux et essayer de survire lorsqu’elle est chez son père occupe tout mon temps ou presque.
Je travaille fort. Ben, j’essaye en tout cas!