Puis, j’ai eu trente ans.

On m’a demandé récemment pourquoi j’écrivais très peu depuis plusieurs mois, même un an ou deux sur le blogue et si j’allais m’y remettre. Je n’ai pas su trop quoi répondre. La vérité c’est que j’ai changé.

 

Jai passé ma vingtaine à vouloir être comme les autres, à vouloir faire comme les autres, à essayer de me fondre dans mon groupe d’amis et de connaissances, à ne pas vouloir sortir du lot, par peur qu’on parle de moi en mon absence.

 

J’ai passé ma vingtaine à ne pas vouloir faire de vagues, à ne pas assumer ce que je pensais, ou ce que je disais. À ne pas respecter mes limites, en faits, à ne pas mettre de limites du tout. À prendre des décisions importantes qui ne me conviennent pas pour faire plaisir aux autres.

 

J’ai passé ma vingtaine à vouloir être une mère parfaite, à prôner la patience et la douceur et puis à m’en vouloir violemment lorsque je dérogeais de ce que devait faire et être cette mère parfaite, selon moi.

 

J’ai passé ma vingtaine à priver mes enfants d’une très bonne, mais imparfaite maman. Avec sa couleur bien à elle. Avec ses faux pas parfois, avec ses erreurs, avec ses problèmes, mais une maman qui donnerait tout, même sa vie pour ses enfants.

Mais j’étais surtout, et simplement, une maman qui avait pas compris que tout l’amour qu’elle donnait à ses enfants, toute la magie qu’elle mettait dans leurs vies, tous les espoirs et la confiance qu’elle avait en eux, valaient tellement plus que les fois où elle perdait patience. Que la fois où le lavage était pas à jour pis que les p’tits sont partis à l’école avec des bas sales, mais ‘’acceptable’’. Que la (les) fois où elle s’est couchée sans faire la vaisselle du souper parce qu’elle était trop brûlée pis qu’elle s’est sentie coupable que les cocos voient ça le lendemain matin, parce qu’ils vont peut être s’en souvenir toute leur vie. Que les fois où les enfants ont eu congé des bain, que les fois où elle sautait des pages du livre d’histoire du soir ou raccourcissait le texte pour aller plus vite parce que la journée avait été longue.

 

J’ai passé ma vingtaine à essayer d’être quelqu’un d’autre, à éteindre ma lumière petit à petit. À perdre de vue mes rêves, puis à arrêter de rêver. Je voulais être raisonnable, être stable, équilibrée, mais je cherchais au mauvais endroit pendant tout ce temps. Ma santé mentale était au plus bas.

 

Vous écrire ici, m’a libérée, lentement mais sûrement de toutes les barrières (ok peut-être pas toutes) que j’avais érigées dans ma tête. Discuter avec vous, lire vos confidences en privé, lire vos commentaires et constater que vous vivez la même chose que moi la plupart du temps de votre côté, et puis de me sentir moins seule a été une bonne thérapie. Me sentir soutenue par toute une communauté de femmes, pour qui j’étais ‘’assez’’ m’a permis de trouver, tout doucement, le chemin de qui je suis.

 

Puis, j’ai eu trente ans. Dans un contexte assez étrange. Qui ne m’a pas empêché de célébrer, parce que pour moi, trente ans c’était important, je ne savais pas à quel point encore.

 

Présentement, je suis en plein dans ce qu’on pourrait qualifier de crise de la trentaine. Pour mille et une raisons, et de mille et une façons. J’apprends à me connaître, à me trouver et à mettre des limites, dans ma tête et avec les autres.

 

Parce que dans ma trentaine, je veux savoir reconnaître ma valeur, dans toutes les sphères de ma vie. Ce que je fais, je le fais bien et j’ai le droit de le penser, j’ai le droit de le dire. Autant que je veux. Je n’ai jamais eu, et n’aurai jamais l’intention de faire briller ma lumière pour éteindre celle de quelqu’un d’autre. Je veux être heureuse pour les autres, pour leurs réussites, je veux attirer de l’énergie positive.

 

Dans ma trentaine, je veux me comparer à moi seulement. À celle que j’étais hier, à celle que je veux être demain et à ce que je fais aujourd’hui pour y arriver. Même un tout petit pas par jour, mais un petit pas dans la bonne direction est une victoire à célébrer.

 

Dans ma trentaine je veux arrêter de m’excuser pour qui je suis. Je veux prendre la place qui me revient. Je veux la colorier en rose, avec des glitters pis toute le kit ma place. Je veux rire fort, pis chanter à tue-tête, pis danser. Je veux être festive, je veux être légère et libre. Libre de l’opinion des autres surtout.

 

Dans ma trentaine je veux avoir le courage de mes opinions, je veux arrêter de plier quand je crois en quelque chose pis arrêter de fermer les yeux des fois sur des affaires qui ont pas d’allure, parce que c’est plus simple. Parce que j’aime pas le conflit. Je veux dire ce que j’ai à dire, parce que j’ai compris que tout se dit, dans le respect, l’ouverture d’esprit et l’empathie.

 

Pour les 8 prochaines années je veux être la maman que je suis dans mon cœur, celle qui écoute son instinct. Celle qui sait ce qui est bon pour ses enfants et sa famille. Je veux être la maman qui sait se remettre en question, mais qui ne perd pas de vue les valeurs profondes qu’elle souhaite inculquer à ses enfants, qui se laisse guider par elles dans ses décisions. Tough love des fois, et c’est correct tout ça. Je veux être la maman en qui ses enfants peuvent avoir confiance, à qui ils peuvent tout dire. Je veux qu’ils viennent à moi quand ils ont un problème, en sachant que je ne les jugerai pas. En sachant que je les aimerai toujours malgré tout. Je veux qu’ils grandissent en me voyant faire des erreurs, et les réparer du mieux que je peux. Je veux qu’ils sachent que c’est ok, même souhaitable d’être un humain imparfait, la beauté est dans l’imperfection. Celle de la vie aussi. Il peut y avoir toute une vie qui se joue dans une erreur, dans un imprévu. Que ce soit en opportunités, ou en rencontres. Parce que c’est l’imperfection qui crée notre histoire à tous et chacun. Qui crée les meilleurs souvenirs.

 

Pour une fille qui a rien dit depuis presque deux ans, je me suis laissée aller aujourd’hui, et je vais essayer de me relire juste une fois, pour que ça reste un message qui vient du coeur.

 

Si tu as lu jusqu’ici merci d’être là. J’ai eu besoin de vivre tous ces changements des deux dernières années plus intimement. Parce que j’apprenais à connaître la Catherine de trente ans. Et j’avais besoin de le faire seule. Avant de pouvoir affronter le monde. Et rester droite dans les petites tempêtes du monde des réseaux sociaux. Mes enfants ont grandi aussi, et je tiens à garder certains aspects de leur vie privée. Je suis certaine que tu comprendras.

 

Par contre, je partage beaucoup de notre quotidien sur instagram, alors je t’invite à venir me suivre là-bas aussi, j’aime ça beaucoup vous jaser, pis ça l’air qu’on est attachants.

 

On se revoit probablement ici aussi bientôt. Sans pression.

 

crédit photo : Robbie photographe.

Author: l’Emmèredeuse

L’emMÈREdeuse, c’est moi : Catherine.
Maman de deux (petits monstres) adorables garçons : Tom le dresseur de loups et Henri le Bébé Loup.
Je suis copropriétaire d’une famille recomposée remplie d’amour et de folie.
Ma plume prend parfois des chemins humoristiques, parfois des plus sérieux, mais toujours ceux de l’authenticité et de l’humilité.
Maman Louve à mes heures. Je partage avec vous les petits et grands moments de mon quotidien de maman.
De maman ben ordinaire.
Qui travaille à temps plein … Pis qui fait son gros possible.