On veut tout avoir. Et tout de suite.

On dirait que notre génération, on veut tout avoir.

Tout et surtout tout de suite.

C’est lourd à porter.

Devoir avoir une bonne job, une grosse maison, des belles voitures, des enfants.

Voyager.

Ça ne laisse pas beaucoup de place à la fantaisie, et vraiment aucune à l’erreur.

On a été élevés en se faisant dire qu’on pouvait tout avoir. Qu’on était capable de tout avoir.

Tout, tout, tout en même temps.

On a tout. Et surtout beaucoup de dettes.

On est des adultes qui veulent rester jeune le plus longtemps possible.

Qui n’ont aucune idée de ce qu’ils font la plupart du temps.

La vérité c’est que c’est impossible de tout avoir en même temps. on ne peut pas consacrer son plein potentiel sur plusieurs projets à la fois.

Avoir un château doré n’est pas gage de bonheur.

Ma génération, on dirait qu’on ne nous a pas appris à faire des choix.

On ne peut pas tout avoir, pas si vite et pas si jeunes. Parce qu’on a pas l’expérience de nos parents. Parce qu’on souhaite être à la même place qu’eux ont mis 40 ans d’efforts à atteindre.

Dernièrement, j’essaie de lâcher prise sur le matériel.

J’ai besoin je voudrais de tellement de choses, un nouveau divan, des nouveaux meubles, une plus grosse télévision. Une plus grosse maison. Un spa. Une nouvelle garde-robe.

Mais au final, je ne crois pas que ça me rendrait plus heureuse.

Parce que je veux aussi voyager. Avec et sans les enfants. Passer du temps en couple et en famille, ça oui, ça me rendrait plus heureuse.

Alors j’ai fais un choix: j’endure mon vieux divan tâché, je porte les mêmes robes pour plusieurs occasions. Je garde ma voiture, si bébé 3 se pointe le bout du nez, les cocos seront serrés derrière (comme mes sœurs, mon frère et moi on l’a été ha !).

J’essaie d’apprendre à l’âge adulte à apprécier ce que j’ai.

Je me rend compte que le matériel emmène un bonheur tellement éphémère.

Et qu’il cause surtout beaucoup de tensions.

Tsé, c’est pas avec mon nouveau divan tendance que je vais écouter un film en amoureux, mais avec l’homme qui partage ma vie. Et c’est pas la beauté du divan qui va rendre le moment plus heureux.

J’essaie pas juste d’apprécier ce que j’ai, mais aussi la chance que j’ai. D’évaluer la valeur affective de ma vie, et non pas seulement sa valeur matérielle. Parce que si c’est vrai que je suis choyée sur ce plan, je le suis d’autant plus avec les gens de qualité qui partagent ma vie.

C’est très difficile pour moi de diminuer ma consommation.

J’ai souvent l’impression que ce que j’ai me définis. Mais au fond tellement pas. Ce qui me définis c’est ce que je pense et qui je suis. Porter des nouveaux vêtements, ça me pompe pour une rencontre ou un événement, ça me donne un semblant de confiance en moi que je n’ai pas. Et il est là le vrai problème. Parce qu’une fois ma robe enlevée le soir, je me sens vide.

Prendre du temps pour nous, pour être ensemble. Ça n’a pas de prix et c’est de l’investissement à long terme.

J’ai l’impression que d’apprendre à m’aimer passe par la diminution de ma consommation d’objets.

Parce ce que j’ai réalisé dernièrement, en regardant autour de moi, et surtout dans mon passé, qu’en avançant dans la vie en mettant les acquisitions matérielles au premier plan, on passe à côté de l’essentiel. Même si on avance dans cette quête à deux. Même si on a l’impression d’être quelqu’un. On en veut toujours plus. on a besoin de plus, toujours plus pour être heureux. On se crée des besoins. Et surtout, on a plus rien à se dire quand on revient le soir à la maison.

Moi, quand je serai au sommet, je veux pouvoir le savourer. Avec mon chum à mes côtés. Je préfère qu’on planifie notre avenir, qu’on se permette de rêver. Pas juste de prendre des grosses décisions parce que selon la société on devrait avoir ceci ou cela. Les projets qui prennent du temps à concrétiser goûtent meilleur. On les apprécie plus longtemps.

Si j’ai une résolution à prendre en 2017, ce sera celle-là : moins de matériel et plus de ce qui compte vraiment. Apprendre à aimer ma vie telle qu’elle est maintenant.

Et surtout, apprendre à aimer qui je suis.

Author: l’Emmèredeuse

L’emMÈREdeuse, c’est moi : Catherine.
Maman de deux (petits monstres) adorables garçons : Thomas aka Petit Poulet et Henri aka Bébé Loup.
Je suis copropriétaire d’une famille recomposée remplie d’amour et de folie.
Ma plume prend parfois des chemins humoristiques, parfois des plus sérieux, mais toujours ceux de l’authenticité et de l’humilité.
Maman Louve à mes heures. Je partage avec vous les petits et grands moments de mon quotidien de maman.
De maman ben ordinaire.
Qui travaille à temps plein … Pis qui fait son gros possible.