Salut les féministes.

Au tout début de la création du blogue, un homme a fait un commentaire sous un de mes textes qui m’a grandement marqué. Je m’en rappelle par coeur parce que ça m’a brassé : « arke. Je me serais passé de la fin féministe de l’auteur ».

Féministe ? Moi ?

Ça m’a fâché qu’on me « traite » de féministe. Comme si c’était pas beau. Honteux. Un gros défaut ben ben laid tsais. Arke.

Alors que je savais même pas SI j’étais féministe ou pas. Et c’est ce qui m’a le plus fâchée : qu’on me qualifie de quelque chose dont je n’étais pas tout-à-fait certain de comprendre le sens. Qu’on me le balance au visage comme si je devais en avoir honte.

« Est-ce que je suis féministe ? »

La réponse de mon chum ne s’est pas fait attendre.

« Oui. » Qu’il me dit avec un sourire en coin.

Et il me regardait drôlement. Un point d’interrogation dans les yeux. Indécis.
Il a finalement su décoder la pointe de la profonde incompréhension que je vivais.

« C’est pas mal tsé. Il en faut des femmes comme toi. »

« Des femmes comme moi? »

Je me suis alors demandé ce que ça voulait dire être féministe. Parce que dans ma tête a moi je voyais les femen protester seins nus et des femmes qui brandissent à bout de bras leurs brassières en feu.

Ça me dérange cet espèce de cliché de la féministe folle. Hystérique.

Je les remercie ces femmes-là. Grâce à qui j’ai le droit de voter. Grâce à qui j’ai droit d’être une personne à part entière sans avoir besoin d’un homme pour signer à ma place. Je les remercie ces femmes qui ont tenu des pays en entier à bout de bras pendant une guerre pas si lointaines. Et qui se sont battues pour mes droits. Qui ont fait entendre leur voix, au risque de leur sécurité et de leur dignité. Merci.

Oui. Câline. Je suis féministe.

Je ne me suis jamais posé la question parce que ça fait partie de qui je suis, de comment j’ai été élevée.

En faits je ne comprends pas qu’il est possible d’être une femme sans être féministe.

Qu’une femme puisse ne pas souhaiter l’égalité aux hommes pour toutes ses sœurs.

Qu’elle puisse ne pas élever sa voix, même en murmurant, même en tremblant. Devant une seule, dix ou mille personnes pour que nos filles aient un avenir différent.

Qu’elle puisse accepter d’être traitée différemment qu’un homme. À l’école, au travail ou à la maison.

J’ai compris qu’être féministe, ça ne veux pas dire protester seins nus en public, ni de bruler ses sous-vêtements. Du moins pas pour tout le monde.

Pour moi être féministe ça veut dire répondre aux commentaires et blagues sexistes autour de moi, parce que tsais, si je m’indigne c’est que j’ai mes règles.

C’est refuser qu’on me traite comme une boule hormonale sur deux pattes. Qu’on tente d’expliquer mes humeurs par celles-ci.

Qu’on discrédite mon opinion et qu’on tente de taire ce que j’ai à dire parce que je suis une femme.

C’est de revendiquer le droit d’être la femme que j’ai envie d’être aujourd’hui et demain.

Pas moins intelligente parce qu’en robe et maquillée. Pas plus pute.

Pas moins femme parce que moins féminisée.

Être féministe c’est aussi et surtout élever les autres femmes qui brillent. À la place de les jalouser, de les juger et de les critiquer.

C’est conscientiser les autres générations de femmes qui vont suivre. Beaucoup.

Pour moi être féministe c’est peu de chose et tout à la fois.

Et surtout, d’être féministe, c’est d’élever deux garçons en leur inculquant qu’ils sont égaux aux filles. En les aidant à grandir en devenant des hommes respectueux, qui laissent les femmes de leur vie rayonner.

Être féministe, c’est d’être une femme.