Je te fais une promesse aujourd’hui.

Mon beau grand garçon de quatre-et-demi-bientôt-cinq-parce-que-c’est-ma-fête-le-13-juin, comme tu dis…

Aujourd’hui, je te fais une promesse. Une vraie de vraie promesse. Pas une promesse d’adulte, une promesse qui vient de la partie la plus douce de mon cœur. De la partie qui t’aime gros comme l’univers. De la partie qui t’aime même plus que toute la vie.

Je te promet de toujours t’aimer tel que tu es.

Et de t’accepter dans tes limites. Dans tes peurs. Dans tes folies, dans tes contradictions. Dans tes cris. Dans tes silences.

De t’aimer dans tes erreurs et tes échecs. Dans tes doutes. Dans ta moins belle version.

Je vais aimer tes qualités et célébrer tes victoires. Je vais t’encourager, t’épauler, te soutenir et te porter sur mon dos s’il le faut pour un instant, le temps que tu reprennes ton souffle.

Je te promet de t’aimer, que tu décides de faire des cours de ballet. Ou que tu deviennes joueur professionnel d’échec.

Que tu veules chanter, ou patiner.

Cuisiner ou peinturer.

Faire des bracelets ou tricoter.

Je te promet de ne jamais te forcer à faire des choses qui te rendent malheureux. Qui vont contre la personne que tu sens que tu es dans ton cœur.

Je t’aimerai autant, que tu choisisses d’être coiffeur, médecin ou serveur.

Tant que tu fais ce que tu aimes et que tu le fasses avec passion, au meilleur de tes capacités.

Parce que la seule ambition que j’ai pour toi mon amour, c’est que tu sois heureux. Follement,douloureusement, intensément, passionnément, heureux.

Si je te fais toutes ces promesses ce soir mon chéri, c’est que j’ai appris hier que tu n’avais pas été choisi pour un programme scolaire.

Tu te souviens la semaine dernière nous sommes allés à ton école pour jouer ? En faits mon cœur, c’était un test d’admission. Je ne sais pas trop à l’aide de quels critères ils ont évalués les enfants… mais tu ne fais pas parti de ceux qu’ils ont décidés de garder.

On y a vu quelques amis de ta garderie, et il avait quelques autres centaines d’enfants aussi.

Il y avait des enfants qui pleuraient. D’autres qui s’accrochaient à la jambe de leur maman. Je n’ai pas pu m’empêcher de réfléchir au fait que certains parents auront probablement passés des heures à préparer leur enfant de 4 ans pour ce petit test de classement. De classement d’enfants de maternelle.

Et ça ne fait aucun sens pour moi.

Des heures à essayer de les faire grandir trop vite. À essayer de les mouler dans un moule auxquels ils n’ont rien en commun peut-être.

Toi, tu riais, tu jouais, tu rencontrais des nouveaux amis, tu allais vers l’inconnu, les yeux brillants. Émerveillé par le fait qu’il y avait des vrais paniers de baskets à ton école à toi. Je n’ai pas eu le courage de te dire que tous les gymnases d’école en possédait. Ça aurait brisé la magie du moment.

Tu portais ton chandail de loup préféré, les autres parents avaient emmenés des souliers, je devais avoir manqué le mémo parce que toi t’avais l’air dun touriste avec tes grosses bottes. Tu étais parfait.

Tu es parti avec ton groupe, dans ta petite file indienne pour aller  »jouer à l’école » en marchant bien droit, peut-être un peu plus rapidement que les autres, c’est vrai. La tête haute. Tu étais tellement heureux, je le sais.

Tu ne t’es jamais retourné pour me regarder.

Ça m’a fait un pincement au cœur. Un peu comme n’importe quelle maman qui réalise que son premier bébé est rendu beaucoup trop grand. J’ai essuyé une petite larme, de fierté.

Quelqu’un à qui j’ai raconté ce petit moment tellement grand, m’a dit cette semaine  » Il s’est éloigné de toi le cœur léger, parce que tu l’habitais. »

Et ça m’a fait pleurer. Beaucoup.

Parce que c’est tout ce qui compte au fond. Que maman t’habite dans ton cœur. Que papa, ton papa-poule et ton petit frère y soient aussi. Que tu saches que tu es aimé. Que tu as la plus grande des valeurs. Que tu ne doutes pas de tes capacités.

Tu pourras gravir n’importe laquelle des montagnes.

Je t’ai donné le meilleur de moi ces quatre dernières années mon bel amour, et ce n’est que le début de notre aventure. De ton histoire.

Je pense que j’ai fais une bonne job mon amour. En tout cas, je t’ai donné tout ce que j’ai pu. J’ai fais mon possible.

Et je te souhaite de tout cœur que tu aimes l’école, que tu te sentes à ta place et que tu y vives des belles réussites. Si ce n’est pas au programme international, peut-être que ce sera dans tes cours de musique, ou en arts plastiques. Peut-être que comme moi toute petite, tu découvriras les merveilles de liberté que la lecture te procurera. Peut-être que ta passion sera le sport.

Je n’en sais rien mon trésor.

Mais ce que je sais, c’est que tu as toutes les ressources en toi. Pour te créer la plus belle des vies qu’il soit.

Et moi ce soir, je te promet d’être jamais bien loin, pour te guider un peu si tu perds ton chemin. Pour te conseiller si tu le veux bien. Mais jamais, je te le promet, pour te dicter un seul sentier à suivre.

Je te fais confiance mon beau garçon. Mon champion.

Je t’aime jusqu’aux-étoiles-filantes-aller-retour.

Et tu sais quoi mon petit poulet, hier, la lettre que j’ai reçue et qui m’a annoncée que tu ne faisais pas partie du 10% d’enfants choisis n’était pas un échec. C’était plutôt, une promesse que quelque chose d’encore plus beau t’attend.