Sophie, l’édu-ca-crice.

Sophie.

Je veux te dire merci. Merci d’avoir été le phare de mon fils pendant cette dernière année.

Il y a un an, petit poulet à changé de maison et changé de garderie. C’est beaucoup en même temps pour un petit garçon et  ça m’inquiétait, parce qu’il est spécial mon petit poulet. Il est leader. Pas tout le temps positif. Il est capable de te scraper un groupe sur un temps record même. J’étais loin de me douter de la chance qu’on avait, que tu sois entrée dans nos vies.

Je t’ai observée un peu au début. Chaque matin souriante, chaque matin heureuse d’accueillir mon petit bout d’homme. Je t’ai regardée agir avec les autres enfants, ceux qui pleuraient, ceux qui se chamaillaient. Puis, rapidement, il s’est mis à te faire les plus gros câlins du monde, chaque matin. À se fouttre carrément de mon départ. Et j’ai été rassurée.

Je te le dis humblement, sans jalousie. Sans que ça fasse mal, sans même que ça me pince un peu. Parce que je le ressens du fond de mon cœur. Parce que je le sais à quel point tu es importante pour lui. Parce que pour la première fois j’ai pas envie de me tapper sur la tête parce que j’ai envoyé mon enfant à la garderie-quand-même-pas-tous-les-jours-mais-tsé-je-paye-même-si-je-le-garde-à-la-maison. Parce que depuis un petit bout, je ne me sens plus menacée par les autres femmes de sa vie.

Surtout aussi, parce que toi, comme toutes les autres (sur)femmes (et surhommes parce qu’il y en a !) qui font ton métier, tu mérites la reconnaissance qui te revient.

Tu le sais pas Sophie, mais la dernière année n’a pas été si facile dans notre maison. Il y a eu plusieurs petits et grands chamboulements dans sa vie de petit garçon. Et même si on a fait notre gros possible pour le préserver de tout ça, tu as été la figure la plus stable qu’il a eu.

Entre le déménagement, une nouvelle chambre de grand.

Entre maman et sa grossesse à risques, toujours rendue à l’hôpital et stressée. Angoissée en tout temps. Qui a peur de perdre le bébé, qui est épuisée, qui pleure beaucoup. Entre le diabète, les rendez-vous médicaux. L’anxiété. Les contractions. Autant de mots qui ne rimaient à rien dans sa tête d’enfant. Autant de mots qui se traduisaient pour lui par : maman est triste. Maman est fatiguée. Maman est fâchée.

Entre la maladie de son papa, puis sa convalescence.

La maladie de sa grand-maman, et ses absences.

Les chicanes d’adultes auxquelles il ne comprend rien. Et dont il a pu souffrir.

Le deuil de son cochon d’inde, Déchiqueteur. Une grande tragédie quand tu as 4 ans.

Entre l’arrivée de son petit frère, les petits pépins de santé qu’il a eu en début de vie, puis ses premiers mois difficiles.

Entre une maman encore plus épuisée. Un bébé frère qui pleure beaucoup, trop, souvent. Qui occupe pratiquement tout le temps libre de maman.

Tu as été sa stabilité.

Et un peu aussi la mienne, j’avoue. Parce que j’étais rassurée de savoir que tu étais là pour lui. Que chaque matin, tu l’accueillais avec le même beau sourire.

J’étais rassurée que tu le trouve aussi awesome que moi. Que tu le trouve drôle, que tu me raconte ses blagues, ses mots d’enfants et ses petites niaiseries. J’étais rassurée de le voir courir dans tes bras chaque soir et de te dire à demain, comme si c’était l’évidence même, que demain, tu allais encore être là pour lui.

J’ai apprécié chacun de tes petits mots dans son agenda. Chaque gentil petit mot à propos de mon fils adoré. J’ai apprécié la délicatesse avec laquelle tu m’as parlé de ses petits travers, que je connais par coeur. De ses petites niaiseries de petit garçon de quatre ans. J’ai apprécié l’amour avec lequel tu l’as chicané parfois. Avec lequel tu l’as réconforté souvent.

J’ai apprécié chacun des courriel que tu as pris le temps de m’écrire le soir. Quand tu te questionnais. Que tu voulais me partager des photos de mon coco ou les paroles des chansons que vous chantez. Parce que du confort de ton salon, tu n’étais pas obligée.

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Petit poulet pendant le Movember à la garderie.

J’ai apprécié que tu t’intéresses à notre vie de famille recomposée. Au bébé qu’on accueillait. J’ai apprécié que tu lui parle de son petit frère, de ce qui s’en venait pour lui. Que tu le prépare toi aussi de ton côté. Avec d’autres mots, qui résonnaient d’une autre façon pour lui, que tu le rassure. Je suis certaine que tu as joué un immense rôle dans le fait que la transition s’est aussi bien passée pour nous. Parce que tu as mis plein de soleil sur des journées un peu grises. Plein d’excitation sur un projet aussi peu concret que de devenir grand frère.

On se connaît même pas en vrai Sophie. Mais J’entends parler de toi chaque soir autour de ma table. Je connais ta couleur préférée et le nom de ton chat. On se connaît pas, mais j’ai l’impression que tu fais partie de ma famille. Que ton local à la garderie, c’est l’extension de ma maison. J’ai l’impression que tu pourrais être mon amie, peut-être même ma soeur.

Et pour tout ça, et même plus. Je veux te dire merci. Je t’assure que ce n’est pas sans tristesse que je vois petit poulet quitter ton local pour vivre une nouvelle aventure. Je veux te dire que tu vas lui manquer. Et à moi aussi. Et surtout, que je serai des plus honorées que dans quelques années, bébé Loup puisse lui aussi, connaître la magie de Sophie.

Author: l’Emmèredeuse

L’emMÈREdeuse, c’est moi : Catherine.
Maman de deux (petits monstres) adorables garçons : Thomas aka Petit Poulet et Henri aka Bébé Loup.
Je suis copropriétaire d’une famille recomposée remplie d’amour et de folie.
Ma plume prend parfois des chemins humoristiques, parfois des plus sérieux, mais toujours ceux de l’authenticité et de l’humilité.
Maman Louve à mes heures. Je partage avec vous les petits et grands moments de mon quotidien de maman.
De maman ben ordinaire.
Qui travaille à temps plein … Pis qui fait son gros possible.