J’arrête d’allaiter Ou Encore un autre billet sur l’allaitement.

Je fais mon coming out. Je vais juste le dire comme ça vient: j’ai décidé d’arrêter d’allaiter.

Après 6 mois.

Pas parce que ça fait mal.

Pas parce que j’aime pas ça.

Pas parce que j’ai pas de lait.

Pas parce que ça va pas bien.

 Juste parce que … je suis tannée.

De sentir le lait. De couler tout le temps plein de lait.

Entre autre.

Mais aussi…

D’être la seule à pouvoir faire boire bébé.

D’être la seule à devoir me lever la nuit.

Juste parce que j’ai envie de me réapproprier mon corps. De porter des sous-vêtements cutes et des vêtements que je peux qualifier par un autre mot que ‘’pratique’’.

La vérité c’est que j’ai atteint ma limite personnelle. Je suis tannée.

L’allaitement c’est pas une compétition. Y’a rien de plus personnel que de la façon qu’on décide de disposer de nos seins.

On entend souvent des filles se justifier : « Je n’ai pas été capable d’allaiter ». Ça me met toujours mal à l’aise. Parce que ces filles-là se sentent coupables. Les mamans qui donnent le biberon se font juger. Les mamans qui allaitent se font juger. Mais ça arrête où tout ça ?

Moi, en tant que maman de 2. Pas scientifique. Pas médecin. Pas marraine d’allaitement. Voici les grandes lignes de ce que j’ai compris sur les deux principaux arguments des pros allaitement pures et dures :

-Toutes les femmes sont faites pour allaiter. Petits seins, gros seins. Petits mamelons, gros mamelons.

-C’est pratiquement impossible de ne pas avoir assez de lait.

 

OUUUUUUIN PIS ?

 

C’est quand même spécial que certaines personnes se donnent la liberté de se mêler ce qui ne les regardent pas : c’est-à-dire le corps de quelqu’un d’autre, et qu’en plus, ce soit accepté socialement.

L’allaitement oui, mais pas à n’importe quel prix. Pas au prix de ma santé mentale. L’allaitement au prix que je suis capable de payer. Les limites de chaque femme sont différentes, et en plus, elles sont différentes à chaque grossesse.

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Grand frère fier de donner le biberon à son bébé frère. Photo : l’emmèredeuse

 

« WOW t’es chanceuse d’être capable d’allaiter »

Non, ça été difficile. La chance n’a rien à voir là-dedans.

« Jusqu’à quand tu vas l’allaiter? »

Jusqu’à ce que j’en aille assez. Ça ne te regarde pas.

« Pourquoi tu arrêtes si ça va si bien? »

Parce que c’est mon corps et j’en fais bien ce que je veux.

Il y a plein de bonnes raisons pour allaiter son enfant. Il y a autant d’aussi bonnes raisons de ne pas l’allaiter. Le monde idéal selon mon humble avis : l’allaitement mixte. Tiens toé. ; )

Et malgré tout, je vis la fin de mon allaitement comme un petit deuil. C’est la fin d’une étape, le début d’une autre. La fin de ce lien étroit entre lui et moi. Mon corps l’a porté 9 mois. Il l’a nourri 6 de plus. C’est beau la vie.

Ça ne change pas qu’on se colle tout plein lorsque c’est le temps de boire. Qu’on se regarde dans les yeux. Qu’il continue de me flatter amoureusement. Il ne m’en veut pas de lui donner le biberon. Et c’est la seule chose que j’ai envie de dire à propos de l’allaitement au fond. Peu importe la façon dont on nourrit notre enfant, c’est la tendresse et l’amour que l’on y met qui importe, rien d’autre.

Author: l’Emmèredeuse

L’emMÈREdeuse, c’est moi : Catherine.
Maman de deux (petits monstres) adorables garçons : Tom le dresseur de loups et Henri le Bébé Loup.
Je suis copropriétaire d’une famille recomposée remplie d’amour et de folie.
Ma plume prend parfois des chemins humoristiques, parfois des plus sérieux, mais toujours ceux de l’authenticité et de l’humilité.
Maman Louve à mes heures. Je partage avec vous les petits et grands moments de mon quotidien de maman.
De maman ben ordinaire.
Qui travaille à temps plein … Pis qui fait son gros possible.